Les relations très intimes qu'elle avait eues avec Rama avait accentué, chez Agnès son attirance vers les femmes, et son métier de coiffeuse la mettait sans cesse en relation avec des clientes notoirement lesbiennes certaines ayant dépassé largement la cinquantaine, Qui lui faisaient des propositions pour qu'elle vienne les coiffer à domicile. Mais elle se méfiait car, d'après une collègue qui en avait fait l'expérience, ce genre d'offres cachait, souvent, de pressantes sollicitations à vivre des pratiques sexuelles en duo et même en groupes, qui n'avaient rien à voir avec les shampooings, les mises en plis, les coupes et les couleurs.
Une fois, pourtant, elle se laissa attendrir par Jocelyne, l'une de ses jeunes clientes de vingt ans, aussi ravissante que souriante et qui se faisait couper les cheveux et coiffer comme un garçon ! A cause de la façon dont elle la regardait et des compliments qu'elle lui faisait, elle répondait aimablement, mais sans plus. Tout en se sentant troublée au fond d'elle même, en se souvenant de son expérience avec sa voisine de pupitre, au collège qui n'avait pas duré. Mais aussi et surtout, de sa relation de vacances avec Rama qui l'avait marquée, même si leur relation ne s'était pas bien terminée .
Lors d'une séance de coupe suivante, soudain Jocelyne fut incapable de se retenir plus longtemps. Elle parla à voix basse tout en la coiffant;
-"Agnès, celà fait des nuits que je ne dors plus à cause de vous. Qui êtes exactement la femme que je rêvais de rencontrer ! Je suis lesbienne et je vis avec une amie qui est d'accord pour que je vous parle: Je suis amoureuse de vous comme une folle et même si je sais que vous ne partagez pas mes élans, je vous supplie de m'accorder une soirée à partager en toute intimité ! Agnès, je vousaime !"
Troublée par une telle déclaration,elle ne savait pas quoi répondre. Même si elle était fort séduisante dans son style androgyne, Jocelyne ne lui inspirait pas de sentiments particuliers,mais seulement une certaine curiosité à l'idée de vivre avec une blanche, ce qu'elle avait vécu dans un cadre de vacances avec une noire !
-"Venez dîner chez moi, ce soir ou demain, je serai seule et nous pourrons bavarder tranquillement."
Agnès, de plus en plus troublée, avait accepté l'invitation pour le lendemain, et les yeux de Jocelyne avait flambé de bonheur. Le soir, allongée à côté de Maurice elle lui avait donné l'excuse d'un coup de main à donner à sa mère pour faire des confitures et rester dormir chez elle.
Arrivée devant la porte de Jocelyne, elle avait le coeur battant et faillit rebrousser chemin. La main tremblante elle sonna pourtant. En la voyant, Jocelyne rayonna, l'enlaça tendrement et la tutoya.
-"J'avais peur que tu changes d'avis et que tu ne viennes pas !"
Elle posa ses lèvres à la saignée du cou d'Agnès et les remonta pour effleurer celles de son invitée qui trouva douce cette caresse d'accueil, jetant le trouble dans son intimité, comme l'avaient déjà fait les baisers de Rama. Puis en la tenant par la main, Jocelyne l'entraîna vesr le canapé du séjpur.