Poser avec un enfant dans les bras n'est pas chose aussi facile qu'il n' y parait. La relative immobilité demandée pose un problème, tout comme l'engourdissement et les crampes dues à cette immobilité. Et c'était plus difficile, encore, à obtenir de la petite Marion qui n' avait que deux ans !
Jocelyne leur accordait des temps de pause aussi brefs que possible et des temps de repos aussi longs qu'elle le pouvait, mais elle devait conserver un certain rythme pour donner le mouvement de la vie à la terre qu'elle travaillait, en collant boulettes sur boulettes en les pétrissant avant de les écraser contre l'armature fixée sur la sellette tournante devant laquelle elle travaillait.
Pour que son oeuvre soit réussie, elle voulait que sa sculpture exprime, à la fois, les formes épanouies de la maternité, celles gracieuses et rondes de l'enfance et les gestes de l'amour maternel !.
Pendant les temps de poses, elle venait butiner les lèvres, les tétons et la fourrure épaisse d'une Agnès totalement nue et les joues de Marion, comme pour s'insuffler les forces vives et naturelles de la mère en tendresse et la confiance de l'enfant à l'abri dans les bras maternels!
Pour la première partie de son travail, Jocelyne prévoyait une vingtaine de séances, puis viendrait la période de la finition qui ne nécéssiterait pas la présence d'Agnès et de Marion à chaque séance. Pendant le temps de sculpture, elles parlaient. D'elles surtout, et du trio amoureux qu'elles formaient avec Sandrine. Jocelyne disait le bonheur qu'elle éprouvait à vivre une telle aventure sentimentale et sensuelle.
Agnès était moins enthousiaste, à cause du sentiment de culpabilité que llui provoquait le fait de vivre un inceste et de tromper doublement son mari.Mais en avouant combien elle prenait de plaisir à vivre ses échanges avec sa soeur et son amie !
-"Il ne semble pas que Maurice se soucie beaucoup de toi, ni toi de lui. Quant à Sandrine,elle avait l'air aussi heureuse de tes caresses que des miennes et de celles qu'elle nous donnait.Que vous étiez belles, toutes les deux enlacées ! Je rêve de faire une sculpture de vous deux en pleine action !"
-"Oh ! Jocelyne, tu n'y penses pas ! Nous deux entrain de faire l'amour ! Tu rêves ou quoi ?
-"Mais je pourrais sculpter vos deux corps sans que l'on voit vos visges, plongés au sein de vos intimités !"
Cette idée fit naître des fourmillements dans les reins de Jocelyne et de la moiteur entre ses cuisses. Alorsque cette évocation avait provoqué, aussi,un flux de désir au coeur de la cassolette d'Agnès. Jocelyne toute émue, vint embrasser son amie, tout en glissant une main entre les berges de sa vallée pour y recueillir les odeurs et les gluances océanes qu'elle aimait tant !
***
Même si Jocelyne lui avait proposé de venir vivre avec elle et de lui apprendre la sculpture, Sandrine avait gardé son modeste logis et son activité de postière et continuait ses tournées matinales et quotidiennes.