Ses qualités intellectuelles avaient permis à Maryvonne de poursuivre ses études jusqu'à l'Ecole Normale d'Instituteurs, ce qui lui donnait une position sociale respectable dans la ville et le port qui était le berceau de son enfance. Et lui assurait, même en solitaire une certaine sécurité qui lui permettrait, pendant toute sa carrière de subvenir à ses besoins. Malgré tout, la solitude pesait lourd dans son coeur et dans son corps et elle aurait tout donné pour avoir un compagnon, avec qui partager sa vie, ses joie et ses chagrins.Belzébuth allait se charger de lui en trouvr un, mais pas du tout celui dont elle avait rêvé !
Elle partageait sa vie entre son ancienne classe dont elle était devenue l'institutrice et l'église où elle trempait pieusement, dans le bénitier, le bout de ses doigts fleurant bon la cyprine. Avant d'aller, pour se délivrer des flammes de l'Enfer, avouer ses élans solitaires, dans l'ombre du confessionnal en bois sombre comme les portes de l'enfer, où, en guise de pénitence, elle respirait avec résignation, l'haleine chargée d'ail du curé !
Quelques années plus tard, un fermier des environs, pour la remercier des succès scolaires de sa fille, lui avait fait cadeau d'un chiot, provenant d'une portée d'épagneuls bretons.
Attendrie par cette petite boule de poils tachée de blanc et de roux, elle avait nourri au biberon, puis élevé avec tendresse, ce petit mâle à la truffe froide.Tom et sa maîtresse s'étaient mutuellement adoptés et ne se quittaient guère.Tant qu'il fut un bébé, puis un chiot adolescent, Tom se contentait de tendresse, de museau à museau.
Mais vint le jour où il fut mâle à part entière. Elevé comme il l'avait été, il eut tendance à se considérer comme mâle dominant et Maryvonne comme maîtresse soumise.
Elle avait toutes les peines du monde à éviter les entreprises conquérantes de Tom qui se manifestait par un émoi palpitant jailli d'un fourreau velu et traité à grands coups de langue jusqu'au terme de son élan! Maryvonne dut s'enfermer dans la salle de bains pour faire ses ablutions et porter le plus souvent des pantalons épais.Mais Tom ne renonçait pas à ses entreprises de conquêtes et se laissait aller avec frénésie,sur les jambes de ses pantalons malgré les bourrades de Maryvonne. Qui se demandait si elle n'allait pas devoir se séparer d'un amoureux aussi constant dans sa ferveur!
Mais pour elle, perdre ce compagnon qu'elle avait élevé depuis la naisssace et qui avait pris une telle place au coeur de sa solitude était à la fois déchirant et impensable!
Jusqu'au jour étouffant du mois d'Août où elle s'était endormie presque nue sur son lit, porte close. Elle fut réveillée par un sensation bizarre montant de son entrejambe. Tom avait sauté par la fenêtre et avait enfin atteint à coups de museau au lieu tant désiré et toujours refusé! L'action menée pendant son sommeil avait conduite Maryvonne à un état second et ruisselant qui faisajt le bonheur de Tom et la fit chavirer les yeux révulsés, vers le grand trou noir!
A partir de ce jour, Maryvonne n'eut plus le courage de refuser à son compagnon de solitude ce qu'il avait conquis à force de lutte et de ruse! Chaque fois elle courait à l'église, mais malgré les objurgations du curé elle ne put jamais se résoudre à perdre le seul être vivant depuis Aglaé, que sa laideur ne repoussait pas et qui, au contraire, lui témoignait tant d'attachement, de fidélité, d'amour et de désir ! Belzébuth triomphait et trépignait de joie !