Ainsi la fête avait été organisée sur le seuil de la cabane où habitaient Gloria et Tara et elles avaient convié Joséphine et Adélaïde. Elles étaient donc quatre à festoyer autour d'une oie rôtie et d'un énorme et savoureux gâteau au Rhum. Contrairement à son habitude, Gloria avait voulu que le festin soit copieusement arrosé de vin de Loire qui se mêlerait aux effets du rhum , comme lors des cérémonies initiatiques et des sabbats organisés dans la forêt, par les sorcières. Tara et Joséphine très vite une peu grisées étaient heureuses de se retrouver ensemble et s'effleuraient parfois ! Quant à Adélaïde, elle avait l'habitude de ce genre de libations !
L'alccol brouillait un peu les têtes et chauffait les corps. les quatre filles riaient et chantaient avec entrain.
La plus en verve était Tara, heureuse de se trouver en compagnie de deux sorcières qui, ainsi, l'intronisaient, en quelques sortes, en la faisant participer à cette libation! L'oie et le gâteau dévorés, soudain inspirée, Gloria entraina ses invités à danser devant le feu;
Elles s'enlaçèrent en riant, et l'alcool aidant, comme il était de tradition chez les sorcières, leurs gestes se firent plus tendres, puis plus précis et audacieux, encore attisés par l'onguent aphrodisiaque utilisé lors des sabbats. De toute évidence, Gloria, Tara et Joséphine se laissaient aller à leurs pulsions intimes et Adélaïde suivait le mouvement, habituée aux élans des sorcières entre elles. Joséphine, enfin, accédait au bonheur, an découvrant l'intimité de Tara qui se laissa entreprendre avec indulgence puis avec plaisir, alors que Joséphine agenouillée entre ses cuisses se grisait de sa liqueur, et que Gloria et Adélaïde naviguaient dans les replis de leurs intimités liquéfiées !
Belzébuth était là, invisible mais présent. Réjoui de savoir comment tout allait finir. Peu à peu, les filles se dénudaient pour donner plus d'attraits et de sensations à leurs ébats ; Elles continuaient à boire pour augmenter encore l'intensité et l'audace de leurs gestes!
Les caresses devinrent échanges à quatre, avec enfourchements partagés de leurs marécages, jusqu'au plus profond les uns des autres. Elles partaient, tour à tour vers le Nirvana, haletantes et chavirées au milieu des gémissements. Puis les doigts se firent moins audacieux, les lèvres moins avides. Les effluves marins embaumaient l'air, alors que, peu à peu, les quatre bacchantes glissaient vers le sommeil. Avant de sombrer, tout à fait, dans une sorte de coma éthylique.
Le feu déclinant faisait exploser jusque dans la pièce des gerbes d'étincelles jusque sur le lit où dormaient deux des filles, et sur le tissu servant de nappe sur la table couverte des reliefs du festin. Peu à peu les tissus rongés par le feu se consummèrent avant de s'embraser d'un seul coup !
Le feu se propagea en longues flammèches contre les parois de la cabane amoureusement léchées par ces langues de Satan.
Les quatre filles étaient bien trop ivres pour se rendre compte de quoi que ce soit. Et la cabane s'embrasa toute entière; Une odeur de chair brûlée se répandit, alors que le feu illuminait la nuit jusqu'au bord de l'étang ! Une brume légère flottait au dessus de l'eau en un long glissement vaporeux, annonciateur de l'aube. Les claquements d'ailes des premiers envols de canards partant vers leur destin servirent de glas aux quatre disciples de Satan.
Ainsi en avait décidé Belzébuth, en voyant que ses acolytes s'étaient laissées aller à des dérives sentimentales qui ne cadraient pas avec lemalheur dont elles étaient censées être les ambassadrices et les dipensatrices. Rien, pour lui ne devait être admissible que le mal, la douleur, les larmes, le sang, pour lui dont les chaos sur le terre et ailleurs, grands et petits, étaient la seule raison d'exister !