Dans les bras de Romain, Armelle avaient découvert des gestes que ses activités machiavéliques ne lui avaient pas apprises. Le beau facteur s'en apercevait davantage de minute en minute. Depuis un moment,ils, déjà, ils étaient nus l'un contre l'autre avec les bulles du désir pétillant au plus untime de leurs corps. Armelle sentait la fougue de son partenaire enfouie et ondulante, en forme de tison, au mitan de sa toison luisante et broussailleuse.
Les mains et les lèvres de Ramon s'étaient faites actives ,à leur tour. A la fois papillons, couleuvres ou verges, tisonnant le feu brûlant jusqu'au plus profond de la vallée, offerte et devenue ruisseau en crue puis béance.
Armelle haletait, éperdue sous les insinuations, reptations et invasions de ces envahisseurs, taraudant son corps, à la fois cassolette rougeoyante et clapotant marécage! !
Les sensations étaient si fortes et si inattendues dans leur intensié que, perdant toute retenue, elle ne résista plus à envoyer, au loin, le drap qui les couvrait, libérant, ainsi, les grisantes effluves émanant de sa conque devenue marine. Enjambant le corps velu de Ramon, elle le chevaucha comme cavale en furie, aussitôt enclouée jusqu'à l'âme par la tige incandescente d'un maître étalon !
La grande fantasia venait de commencer. Deux suppôts de l'enfer, révèlés à eux -mêmes et livrés à leurs pulsions les plus débridées se donnaient l'un à l'autre sans réserve. Ce qu'Armelle ignorait,pourtant, c'est qu'un fils de Belzébuth qui s'extériorise à ce point, ne termine jamais sa chevauchée sans investir sataniquement l'anneau brun et plissé de sa partenaire.
Pour y prendre plaisir, certes, mais aussi et surtout pour la faire souffrir et brûler, cruellement de sa lance devenue tisonnier rougi, Taraudant sa victime jusqu'au plus profond de ses abysses, pourtant noyées dans le flot poisseux des liqueurs nées du désir.
Armelle sentait son parcours de Walkyrie se muer en incoercibles soubresauts pour échapper aux flammes qui le consumait de l'intérieur, comme si elle expulsait le feu, tels les vaisseaux en route pour les confins de l'univers.
A l'aube, elle ne savait plus lequel, de la souffrance ou du plaisir resterait le souvenir dominant de cette nuit initiatique.
A laube, elle s'effondra. Cep tordu et incendié jusqu'au coeur, qui pourtant battait encore la chamade pour ce grand corps d'athlète démoniaque, qu'elle avait dominé une partie de la nuit, avant d'être taraudée, à son tour, de si ardente façon.
Deux jours plus tars devait avoir lieu un sabbat en pleine forêt. Armelle avait l'intention de s'y rendre et Ramon,
déjà informé, s'arrangea pour suggérer: -"J'aimerais bien t'accompagner pour que tu me guides dans les méandres de ton activité secrète!"
Elle avait d'abord songé à y convier seulement Romain, pour marquer son entrée dans le monde de ses condisciples. mais déjà revenue , en partie, sur le chemin de la perversité, elle pensa se rendre à la sarabande avec deux chevaliers servants, pour voir quelles seraient leurs réactions: Surprises ou blasées!
Elle se souciait beaucoup des rapports et des liens qui pouvaient se créer ente Ramon et Romain, allant de la brise légère d'une amitié partagée, à la tempête ravageuse naviguant sur les ailes de la haîne et de la folie meurtrière, terrain de prédilection de Belzébuth et de ses suppôts.