Maurice se sentait de plus en plus amoureux de Pascale. Il décida de chercher à louer un petit appartement où ils seraient moins à l'étroit que dans la chambre qu'elle occupait. Surtout si elle parvenait à être enceinte, puis maman ! Ce n'étaient pas les tentatives pour que celà se produise qui manquaient, mais la nature ne semblait pas vouloir répondre aux appels qui lui étaient faits.
Pascale aussi était amoureuse, mais pas tant que Maurice. Plus vaguement, surtout, depuis qu'elle essayait,sans succès d'être enceinte. Elle commençait à attribuer cet échec aux moindres capacités de Maurice, à qui il arrivait, même, d'avoir des défaillances lors de leurs tentattives.
Alors que, depuis un certain temps, elle rencontrait chaque jour dans le bus, en allant à son travail, un homme d'une quarantaine d'années, à qui elle semblait plaire. D'abord, il s'était assis à côté d'elle plusieurs fois, puis il avait engagé la conversation.
Lui racontant, pour se mettre en valeur, qu'il était mandataire aux Halles, dans le département de la boucherie. Qu'il s'appelait Raymond, qu'il gagnait beaucoupd'argent, mais que, célibataire, il serait bien content de pouvoir en faire profiter une jolis fille comme elle !Er qu'en plus, il rêvait d'avoir des enfants ! S'il se rencontraient, ainsi, chaque jour, c'est qu'il rentrait dormir, après la nuit passée aux Halles.
Son allusion à la paternité avait fair sursauter Pascale, qui le regarda, dès lors plus attentivement. Grand, brun costaud à moustache, il était plutôt bien de sa personne, malgré des mains grandes comme des battoirs, et une peu agréable odeur de viande et de sang qui émanait de ses vêtements.
C'était, justement, une question d'odorat qui avait attiré Raymond auprès d'elle, car il raffolait des femmes rousses à cause de leurs effluves et rêvait de pouvoir plonger son nez au coeur d'aisselles et d'une touffe flamboyantes !
Le joli visage allongé, aus traits fins, au nez droit et aux lèvres sensuellement rouges et mouillés de Pascale, lui avait, également, beaucoup plu ! Elle se laissait donc apprivoiser chaque jour un peu davantage, en songeant que se faire faire un enfant par Raymond, lui semblait beaucoup plus attrayant que de continuer à l'espérer avec Maurice. D'autant plus que, elle s'était renseignée, les mandataires aux Halles gagnaient effectivement beaucoup d'argent.
Après quelques semaines d'hésitation, au moment où Maurice lui disait avoir trouvé le petit appartement qu'il convoitait, elle lui annonça, sans autre forme de procès, qu'elle le quittait pour un prétendant célibataire et riche!
Pour Maurice le coup fut rude, mais les arguments de Pascale étaient péremptoires. N'ayant pas encore quitté le domicile conjugal, comme il en avait eu l'intention, même s'il avait été souvent absent, il put retouver sa place au logis, sans trop de difficultés, malgré quelques remarques acides et ironiques d'Agnès.
Que le départ de Maurice aurait bien arrangée, pour avoir les coudées franches aux côtés de Jocelyne, qui terminait la première mouture de sa sculpture, plutôt contente de ce qu'elle avait fait! L'ensemble était harmonieux, vivant et naturel. Jocelyne, prouvait, avec cette oeuvre, la grande qualité de son talent. La sculpture,une fois agrandie au pantographe et coulée dans le bronze, serait d'un bel effet dans le hall de la maternité de Porte Royal !