Agnès se rendait compte que chez elle plus rien ne comptait que ses enfants. Elle négligeait complètement Maurice,mais par contre était assidue aux cours d'informatique qui pourrait remplacer la coiffure désormais interdite, Même si son niveau d'instruction ne lui permettait pas d'espérer un poste très rémunérateur.
Mais Jocelyne lui avait mis du baume au coeur en lui demandant de poser avec Marion pour sa Maternité !
Quant à Maurice, même s'il s'était beaucoup négligé pendant sa période de chômage, depuis sa nouvelle embauche, il s'était repris en main physiquement et moralement. Il avait presque complètement cessé de boire, il était rasé et douché chaque jour. Et en surveillant, unpeu son régime, il avait perdu une dizaine de kilos. Restait son crâne dégarni, pour lequel il ne pouvait pas faire grand chose.
Dans la petite entreprise de plomberie qui l'avait embauché, il avait remarqué, tout de suite Pascale, la secrétaire du patron, qui était, sans le savoir à l'origine de son redressement physique, car il la trouvait très à son goût et ne semblait pas lui déplaire.
Le fait d'avoir retrouvé un physique convenable avait fait revenir les propositions des clientes chez lesquelles il se rendait en mission.Souvent, elles faisaient tout pour le séduire. mais Maurice restait sourd à leurs mines et à leurs gestes suggestifs, certaines allant jusqu'à se mettre à peu près nues devant lui ! Mais il n'avait que Pascale en tête et voulait la séduire.
Passant par son bureau entre deux missions, il voulait créer des liens entre eux et semblait y réussir. jusqu'au jour où il tenta le tout pour le tout et l'invita à déjeuner.
Après l'apéritif, dont elle n'avait pas l'habitude, Pascale commença à se détendre et à se confier.Elle avait un joli visage assez félin avec des pommettes hautes et des yeux en amande au regard vert. Elle était rousse, comme sa belle soeur Sandrine, cheveux courts et bouclés et sourire éclatant encadré par des lèvres sensuelles. Un corps harmonieux aux seins généreux et aux jolies jambes complétaient sa silhouette. Sous l'effet euphorisant du vin, elle commença à se confier à Maurice:
-"Je.suis né sous X, je ne connais donc pas mes parents et l'Assistance Publique m'a "confiée" à un couple d'agriculteurs beaucerons, vivant très isolés en pleine campagne. J'avais à peine trois ans ! Célestine, la femme avait déjà deux enfants de l'Assistance chez elle mais devait souffrir de son isolement, je l'ai réalisé plus tard !.
Elle nous a traités, tous les trois et plus tard son mari d'une façon dont je n'oserai pas vous parler parce que j'en ai honte et qu'en plus c'est défendu, mais les mauvais traitements nous ont beaucoup marqués tous les trois !
Si je vous dis tout çà, c'est que celà me hante encore maintenant, et peut-être que d'en parler me délivrera !
Mais jusqu'à présent, je n'en avais rien dit à personne. Cette situation se poursuivit jusqu'à mes six ans !..
Je me souviens avec horreur du gros Marcel, inséparable de son gilet à trous et de sa casquette crasseuse. Il puait la sueur et le tabac.