Pour Agnès, le fait que Jocelyne soit apparue dans sa vie, avait modifié son comportement, puisqu'elle trouvait, auprès d'elle, des partages successivements doux et tendres, avant de devenir passionnés et inondants, qui les menaient au septième ciel, incrustées l'une dans l'autre en une ultime étreinte de leurs intimités bouillonnantes. Elle était, donc, beaucoup moins attentive à ce qu'elle pouvait éprouver dans les bras de son mari, qui pourtant, lorsqu'il avait un peu trop bu,savait se servir diaboliquement de sa moustache pour transformer en marécage sa vallée pantelante, malgré son ventre plus que rond !
Il lui arrivait de s'interroger pour se demander où sa liaison amoureuse avec Jocelyne, allait la mener, car elle n'avait nulle envie de déconstruire son couple, pour s'engager sur une voie qui la conduirait, qu'elle le veuille ou non, à se mettre au ban de toute une partie de la société, toujours réticente à ce qui n'allait pas dans le droit chemin de la normalité.
Ses rapports avec Maurice avait glissé vers une certaine indifférence, sauf les soirs où il avait trop bu et où il la pressait d'accepter ses élans physiques, que d'ailleurs il assumait mal quand il était dans cet état. Mais elle ne consentait à répondre à son appel, que si sa propre libido le désirait. D'autant plus que le terme de sa grossesse approchait. Mais lorsqu'elle se dérobait, il devenait grossier et même brutal, en la bousculant, sans la battre vraiment ce qu'elle n'aurait pas accepté !
Sa force physique s'était transformée en graisse et il n'avait plus rien du fringant amoureux qu'il était à Saint-Aygulf. Sa moustache, sa bedaine et sa calvitie le rendait peu avenant, mis à part ses attributs virils qui restaient, eux, de belle venue lorsqu'il était au mieux de sa forme ! Mais il n'avait rien d'un coureur de jupons, ce qui, d'ailleurs, ne l'aurait mené nulle part. Les clientes chez lesquelles son travail le conduisait, ne sollicitaient plus ses bons offices que pour éffectuer les travaux nécéssaires.
C'était pourtant ainsi qu'il avait, sans trop le vouloir, attiré l'attention de Lulu et de Marcel et c'étaient précisément ses attributs observés avec une certaine admiration, par Lulu aux toilettes, qui avaient provoqué son invitation à les rejoindre dans leur chambre d'amour ! En quittant l'endroit, il avait hésité un instant avant de gravir les étages vers la chambre de Marcel, mais la vision de son émoi dans les toilettes avait provoqué le sien et il se sentait en pleine forme pour aller aborder des instants troublants. Comme ceux que lui évoquait son souvenir des heures d'études où il se caressait avec son voisin de pupitre jusqu'au terme de leur plaisir commun qui les laissait poisseux et apaisés pour un temps.
Lorsqu'il frappa à la porte de la chambre, il se sentait à l'étroit dans son caleçon et plus encore lorsqu'il y entra et vit ses deux copains nus et enlacés dans une étreinte qui n'était que préliminaire à une suite et à une fin prévisibles.
L'un et l'autre l'accueillirent avec empressement et admiration lorsqu'il se retrouva nu, lui aussi, à côté du lit le sexe dressé et à portée de doigts et de lèvres de ses deux copains admiratifs. L'instant d'après, ils étaient en pleine action, mêlant bras, jambes doigts, lèvres et sexes tendus, dans un troublant ballet; qui allait se prolonger jusqu'à l'extinction de leurs flammes réciproques.