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Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets

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Les retrouvailles à la ganaderia

Nicolas, le dos appuyé contre le mur chaulé de la petite arène d'entraînement, regardait arriver Rodrigo, un peu las et assoiffé après une si longue marche. Encore séparés par une courte distance, ils ne se quittaient pas  des yeux, devinant que, pour ces retrouvailes leurs cooeurs battaient à l'unisson.
Le personnel de l'élevage regardait, en silence, avec une curiosité mêlée d'hostilité, ce va-nu- pieds invité par Nicolas.
Lorsqu'ils furent face à face, ils s'étreignirent. Vivant ainsi leur premier contact physique, dans un "abraço" plein d'émotion. Il faisait déjà trop chaud pour toréer. Midi venait de sonner. Après être passé par les cuisines pour y prendre de quoi déjeuner, Nicolas emmena Rodrigo à l'ombre d'un hangar. Ils partagèrent leur repas presque sans parler.Si heureux de se retrouver, alors que leurs regards mangeaient le visage de l'autre, quans ils ne glissaient pas jusqu'aux replis qui cachaient leur émotion prisonnière.
Nicolas parla, pourtant, de sa vie à la ganaderia, de sa passion pour les taureaux et de son entraînement. Puis, la chaleur aidant, ils s'allongèrent pour faire la sieste en attendant cinq heures. Le moment d'aller dans l'arène !
Avant de s'assoupir, Nicolas tenta un geste qui fit renaître son émotion: Il posa  une main un peu moite sur celle de Rodrigo et sentit, aussitôt, sa main calleuse répondre à sa pression. En tournant la tête, ils se regardèrent et Rodrigo eut une interrogation au fond des yeux. Mais Nicolas ne voulait pas brusquer les choses,là, en plein jour, et ne tenta rien d'autre,malgré leur tension perceptible et le désir à nouveau visible et présent en eux  ! Alors que Rodrigo, en se soulevant un peu, eut un élan jamais vécu en famille, et posa ses lèvres gercées à la base du cou de son ami.
En fin d'après-midi, l'adolescent regarda Nicolas manoeuvrer dans l'arène, en toréant des cornes montées sur une sorte de charriot à roues de bicyclette, manipulée par un jeune barçon simulant les charges d'un taureau , et dont Rodrigo aurait tant aimé pouvoir prendre la place !
Ensuite, un taurillon entra en lice et il eut peur pour son ami. En sortant de l'arène, Nicolas était ruisellant et radieux. La sueur brouillait son regard, plein de fierté,mais aussi de tendresse.
Avant que la nuit ne tombe, il entraîna Rodrigo dans les pâturages pour qu'il puisse y admirer, avec des frissons d'émotion, ces monstres à la robe luisante, au mufle doux et humide et aux cornes terrifiantes. Qui un jour termineraient leur vie, les quatre pattes raides dans le sable de l'arène, s'il y avait eu un honteux "descabello". Ou sans raideur, dans leur dernier voyage, alanguis derrière les mules, tué d'un seul coup d'épée, sous les vivats de la foule ardente!
                                                                                          ***
En rentrant, Nicolas expliqua, la mort dans l'âme, qu'il ne pouvait pas se dérober au dîner avec Don Felipe, le propriétaire, ami de son père qui l'avait recueilli et le faisait éduquer dans l'art de la corrida. Il ne pouvait pas, non plus l'emmener à ce repas, ni dans sa chambre. Mais il allait lui procurer de quoi se restaurer et se couvrir pour la nuit dans la grange, en promettant de venir le rejoindre dès que possible, dans le foin odorant.                                                                                           
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