Quelle est donc cette rage des temps modernes qui consiste à vouloir, à tous prix prolonger la vie des êtres humains jusqu'au bout de la nuit, jusqu'au bout de la souffrance, de la détresse physique et morale.
Il n'est que de rendre visite à un grand vieillard dans une maison de retraite ou dans un hopital pour se rendre à l'évidence. On s'acharne à vouloir prolonger l'existence bien au delà des limites de la décence!
Et l'on se trouve, alors face à de pauvres êtres abandonnés à eux-mêmes, face à la mort qui rôde. Et on les lave et on les nourrit , souvent avec difficulté, on les entoure de soins dont, souvent, ils n'ont même pas conscience, jusqu'au terme d'une journée finissante avec le désespoir d''avoir à en vivre une autre après une nuit de coma, de souiffrance ou d'angoisse ou les trois à la fois!
Mais qui est donc ce "on" dont je parle? La société bien sûr, celle des bien portants et des encore jeunes qui pour beaucoup ont une hantise de la mort et veulent à tout prix prolonger la vie, je veux dire "leur vie" par personne interposée. Alors que, même s'il s'en trouve quelques uns à vouloir s'accrocher à la vie comme une moule sur son rocher, la plupart des autres, même s'ils n'osent pas le dire parce qu'on les montrerait du doigt, souhaiteraient plutôt qu'on les laisse s'éteindre dans un maximum de quiétude et de douceur
-" Mais non voyons! Va murmurer le choeur des pleureuses invétérées! Vous vous tromper ! Chacun souhaite vivre aussi longtemps que possible avant de quitter les siens !"
Celà pourrait être vrai si la médecine, la chirugie et la pharmacie savaient maintenir les vieillards dans un état physique et intellectuel décent, ce qui est loin d'être le cas.Voir ces pauvres hères décharrnés et grabataires trainer leurs vies finissantes sur un lit ou dans un fauteuil roulant est une infâmie de plus que commettent les humains encore valides!
Sans même oser parler du prix exorbitant que représente un mois de survie à la société toute entière et qui ruine les familles dans bien des cas!
-"Quand on aime on ne compte pas!" rétorquent la main sur le coeur ceux qui peuvent payer, sans difficultés les sommes énormes que représentent les soins, les médecins, le personnel soignant. Il en va de même pour ceux que la maladie et la déchéance frappent lorsqu'ils sont encore jeunes et qui veulent disparaitre comme le fils de Madame Humbert, n'en déplaise à ce kinésithérapeute irresponsable, qui, trois ans plus tard, affirme le contraire pour faire parler de lui. Assassinant coomme un furieux le courage de cette mère qui a fait le plus bel acte d'amour qu'une femme puisse donner à son fils! Et les médias d'emboucher les trompettes de la calomnie pour vendre du papier et de l'écoute, c'est à dire de l'Audimat et donc du fric ! La bêtise et la méchanceté vont se loger partout. Et jusque dans les recoins les plus sordides de l'âme humaine ! Le droit de mourir dans la dignité et lorsqu'on le souhaite doit rester le fait de chacun, n'en déplaise aux Diafoirus,aux censeurs et aux moralisateurs!