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Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets

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L'attente dans l'angoisse !

Privé de Rodrigo, parti pour deux jours en mission secrète à Tolède, Nicolas perdait la moitié de son envie de vivre et se rongeait les ongles d'anxiété.
Là-bas, au fond de la pièce, sur une cuisinière bancale et rouillée, de petites raies cuisaient au court-bouillon. Le torse luisant de sueur, et les pieds nus, s'écorchant aux échardes du plancher aux lattes disjointes, vêtu seulement d'une sorte de pagne douteux, il s'approcha de la fenêtre aux carreaux ternis par la poussière, mais caressés par la lumière du petit matin.

En regardant, dehors, l'Espagne se réveiller, il pensait, avec nostalgie, que deux heures plus tôt ils étaient, encore, tendrement peau contre peau. Le soleil jouait dans ses cheveux embroussaillés comme la queue d'un taureau au pâturage. Ses sourcile épais dominaient deux yeux anthracite, pleins du souvenir de la nuit passée, et brillants d'impatience d'en vivre une autre aussi vite que possible. A cette idée, il sentit son émoi matinal prendre une ampleur nouvelle, qu'il contrôla de deux doigts.
Petit mais musclé, teint hâlé, les mains aux ongles cassés,son corps,ses pieds et ses aisselles touffues exhalaient des odeurs fauves.

Qu'il était loin le petit étudiant sage, devenu apprenti torero au coeus de l'Andalousie, quelques mois auparavant. Echappé du lycée et de la maison de ses parents pour vivre sa passion !  Tout à l'heure; encore, dans l'aube blanchissante, Rodrigo et lui, regards chavirés par le plaisir jailli s'enlaçaient. Ils vivaient ensemble dans cette soupente, à demi en ruines, écrasée de soleil, mais abri relatif après avoir traversé tant de cuisantes épreuves !

Lorsqu'ils n'étaient pas dans le maquis, ils vivaient là,assis sur une paillasse crevée, ou sur le plancher aux lattes rugueuses, vêtus de chemises en loques, raides de sueu, d'un pantalon de toile déchiré pour Rodrigo et de velours râpé pour Nicolas.
Ils s'étaient  réfugiés là, à bout de ressources. Mais ils y étaient seuls et pouvaient s'aimer librement, comme des sauvages qu'ils étaient devenus, mais avec cette intensité, parfois un peu désespérée d'adolescents, apréchappés aux chasses à l'homme  traversées ensemble, en gibiers traqués!

Cette nuit encore, les narines de Rodrigo avaient palpité comme celles des chevaux sauvages. ses dents avaient étincelé de blancheur dans la pénombre de leur tendresse partagée. Avec une impatiente ferveur, il avait posé une main, déjà crevassée par des années de travaux agricoles sur le désir de Nicolas, tendu vers son geste derrière le velours du pantalon dégrafé ! Et Nicolas avait eu le même geste fébrile et tendre. Ils s'étaient rapprochés jusqu'à confondre leurs haleine et, bientôt, les jaillissements de leur semence libérée.
Leurs doigts avaient su comment faire monter, puis assouvir les ardeurs de leur désir commun. Mais comment se faisait-il qu'à peine quelques mois auparavant, ils soient parvenus aussi vite et aussi fort, à une telle  intimité?
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