Lèvres gercées par la salive, gonflées et presque éclarées, doigts gourds et vallée profonde pantelante, elle finit par crier gräce. ce qui sauvait leur fièrté de mâles au moment où, à bout de forces, la virilité luisante mais flasque, iles deux gardiens étaient sur le point d'abandonner.
Physiquement épuisée et moralement sans plus d'appui pour oublier l'absence de Johan, elle avait cherché, contrairement à son habitude, à parer au plus pressé pour apaiser son corps et noyer son cerveau en perdition
Totalement désemparée, elle enfila un tee-shirt, une culotte et s'enroula dans la couverture du lit, avant de gagner, pieds nus, la terrasse de la lanterne. La nuit était profonde, sans lune et presque sans vent.
Assise, le dos appuyé contre la vitre de la lanterne, régulièrement illuminée, elle essayait de reprendre ses esprits et de retouver son calme et sa lucidité, alors que le cadeau viril des deux gardiens dont elle avait encore la saveur sur les lèvres, empoissait son intimité.
Elle revoyait Johan, quittant la cabane au petit matin, partant vers son inconnu et s'estompant dans le brouillard. Elle pleura.
Subitement, une irrésistible pulsion la fit se lever, et d'un pas incertain, s'empêtrant dans la couverture,elle alla s'appuyer à la rambarde de fonte, gluante d'humidité. Pendant un long moment, elle regarda la nuit, piqutée des points lumibeux des feux des cargos.
Puis sans plus réfléchir, elle laissa glisser la couverture jusqu'au sol et se pencha sur la rembarde, le torse à l'extérieur en agrippant les barreaux froids. Et , tirant sur se bras elle bascula dans le vide !
-"A quoi bon vouloir aller plus loin?"
Quarante mètres plus bas, son crâne fit un bruit affreux de coquille brisée en heurtant la dalle de la plateforme du phare !
-"Que vouliez-vous de plus, que vouliez-vous de moi?"
Au petit matin, la marée haute emporta son corps, déjà devenu la proie des crabes et de tous les prédateurs de la mer. Eux aussi complice de Belzébuth qu'elle avait servi et qui l'avait perdue!