Plus les jours passaient, plus ils étaient obsédés par le fossé qui les séparait. Alors il en vint à partir des journées entières, seul à la pêche dans l'étang, pendant qu'elle recevait ses "patients"qui avaient retrouvé le chemin de la cabane, malgré le drame qu'elle avait vécu et dont chaque village était, maintenant informé.
Ne tenant plus le coup, nerveusement, Johan décida de quitter la cabane, sans colère ni esclandre, mais avec tristesse, se disant qu'une séparation de quelques temps arrangerait, peut-être, les choses. Et que son organisme retrouverait un équilibre normal ! Alors ils pourraient se retrouver dans les bras l'un de l'autre, et partager la même vie.
Elle se retrouva seule, au petit matin, alors que la brume nappait encore l'étang de voiles qui deveaient lambeaux. Elle se retrouva nue sur son lit clos.Elle y accrocha son plus grand miroir, comme pour montrer à Johan, absent, ce qu'il perdait en fuyant. Cuisse largement ouvertes, elle contempla, d'abord, cette féminité, si chère au peintre Courbet, qu'elle avait offerte avec amour à celui qui s'en était allé. Elle voyait son large Mont de Vénus, colline bombée couverte d'un vaste triangle embroussaillé, descendant vers sa vallée aux berges brunes et fripées. Sous l'empire de ses doigts, il y règna très vite, une luisance de désir, devenant filet brillant charriant des grumeaux nacrés.
Son cratère se fit marécage en béance, d'où montait le gargouillement d'un clapotis provoqué par des doigts fébriles et laissant échapper de puissants effluves marins.
Elle goûta la saveur océane de son désir, puis pinça sa tigelle jaillie de son abri, toute tendue et palpitante. A ce stade, elle n'était plus que crevasse béante, appelant de toute sa cyprine répandue, la venue de celui dont les élans auraient pu apaiser la brûlure, avant de l'éteindre, comme jadis, avec les jaillissements d'une épaisse liqueur blanche et filante.
Alors naquirent les spasmes du plaisir, qui la soulevèrent, reins tendus, lui tordant le ventre de soubresauts et la faisant gémir puis hurler son plaisir. Enfin, elle retomba, masse inerte et pantelante, mais prête à faire renaître, encore et encore ses spasmes amoureux, dont elle avait été tellemnt frustrée !
S'étant mise dans un tel état, il ne lui était plus possible d'en rester là. Elle décida, alors, de retourner, seule,au phare. Là où elle savait trouver deux amoureux de longue date, mais toujours éconduits gentiment ! Depuis les gestes accomplis sur elle-même au matin, elle se sentait comme traversée par un courant à haute tension qui la faisait vibrer jusqu'au tréfonds de sa grotte. Une vibration qui la faisait inonder sa culotte en permanence, et trembler de la tête aux pieds. Ces pieds que Johan avait tant caressés et humés, mais qu'il avait abandonnés.
Pendant la traversée du port jusqu'au phare, qui ce jour là fut calme,elle imaginait l'étonnement qui allait être celui de ses deux amis gardiens, lorsu'elle leur ferait comprendre qu'elle venait s'offrir à eux. Comme toujours elle fut accueillie à bras ouverts et à gros bécots sur les joues.