Annick était agenouillée sur le sol de ciment, les mains liées derrière le dos dans l'une des stalles au sol couvert de paille et de crottin. Alors que Johan, le corps plié en deux, écrasé contre le coffre à avoine, subissait les derniers outrages de la part de ses bourreaux, tandis qu'Annick, très vite fut logée à la même enseigne. Elle gémit après avoir crié de douleur et de fureur au moment du viol! Le supplice achevé, presque inconsciente, elle s'effondra sur le ciment souillé. Johan ne valait guère mieux, meurtri au point d'avoir du mal à marcher! On les reconduisit dans leur geôle, jetés sur le sol gluant, toujours nus et leur vêtements lancés sur eux comme un tas de chiffons.
Johan se glissa en rampant contre Annick pour tenter de la réconforter. Elle gémissait, encore à demi-inconsciente, mais peu à peu, sentant le présence du corps de Johan contre le sien et la douceur de ses baisers, elle cessa de gémir et reprit, peu à peu vraiment conscience! -"Oh Johan pourquoi ont-ils fait çà! Ce sont vraiment des monstres!" Elle avait du mal à parler et ponctuait ses mots de petits baisers,mêlés de sanglots. Elle avait l'impression de cheminer dans un tunnel noir menant en enfer! Elle n'était pas loin de la vérité car Belzébuth, grand maître des sorcières ricanait en la voyant ainsi!
Son corps lui faisait mal, elle se sentait brisée, laminée de partout et se mettait à trembler d'horreur en se rappelant ce qu'elle venait de subir. Toujours dans l'obscurité, mais en tâtonnant, ils réussirent à se rhabiller, malgré la douleur engendrée par chaque mouvement. En plus la soif les torturait en même temps que l'angoisse et le désespoir de ne pas savoir ce qui allait leur atrriver ! L'idée de mourir égorgée par l'un des molosses, comme promis par le chef des encagoulés, provoqua, en elle, une crise de tremblements incoercibles que rien ne pouvait endiguer. pas même la tendresse des gestes et des mots que Johan lui prodiguait, tout en comprenant pourquoi elle avait si peur! Pourtant, peu à peu elle se calma,réconfortée par la douceur et la tendresse de son ami à qui elle murmura:
-"Je t'aime Johan ! J'avais raison de penser que c'était toi qui m'étais destiné! Mais pour combien de temps encore?"Le silence retomba sur cette question.. L'un et l'autre avaient perdu la notion du temps. Aucun bruit extérieur ne venait jusqu'à eux. Soudain, très lentement,la porte du cagibi s'ouvrit. Un rectangle de nuit leur apporta un peu de lumière. Ils devinèrent une silhouette cagoulée qui les fit trembler,puis une voix murmurant:-"Filez vite, sans faire aucun bruit. Sur la droite en sortant, un petit chemin. Suivez le jusqu'à la route et bonne chance!"
Puis à nouveau le silence. l'ombre avait disparu, la porte restait ouverte. Il y avait des étoiles plein le ciel, mais pas de lune. C'était suffisant pour les guider jusqu'à ce qui allait, peut-être s'appeler la liberté! Après un temps de marche qui leur sembla infini, craignant, à chaque pas d'être rattrapés par leurs bourreaux, ils débouchèrent, enfin, sur la route goudronnée.Ils n'avaient aucunes notions de l'endroit où ils étaient et ne pouvait espérer que le passage d'une voiture ou d'un camion.