Ensemble, ils découvraient le bonheur, cachés derrière les frondaisons et les halliers de leur forêt de Brocéliande,résidence habituelle de l'Enchanteur Merlin, de la fée Viviane et des chevaliers de la Table Ronde. Partageant des jours et de nuits d'amour sous le soleil de l'été ou veillés par les éclats de la lune, souvent cachée dans les nuages.
Réchauffés les jours de brume et les nuits d'hiver par les flammes ou les braises de la cheminée à crémaillère, dans laquelle les tisons, jamais, jamais ne s'éteignaient tout à fait.
Ni l'un ni l'autre n'avaient passé une période de vie si harmonieuse, si pleine de joie et de désirs partagés. Ils découvraient le bonheur, mais c'était, parfois, avec les mains plongées dans l'utérus d'une vache pour l'aider à vêler, ou celui d'une parturiente en gésine. Avec la grisante sensation de tout vivre dans la même intensité, le m^me élan, le même plaisir!
Johan n'avait pas le moindre regret d'avoir abandonné sa vie de médecin citadin pour partager avac Annick une vie campagnarde à la disposition de ceux qui n'avaient rien d'autre qu'un lopin de terre et quelques vaches pour nourrir les corps et élever leur progéniture.
Pourtant, un matin , à l'heure du café, ils virent s'approcher de leur cabane, un homme et une femme bizarrement équipés de gilets de chasse, de carnets et de crayons feutre, et de ce qui leur semblait être une petite caméra. Le mâle avait les checeux longsd et la barbe hirsute, et la femme une ombre de moustache et les ongles rongés. A la fois rusés et sans gêne comme le sont presque tous les jourbalistes qui se croient partout en terrain conquis ils investirent les lieux et posèrent des questions!
Renseignés sur Annick par le loueur de bicyclette, ils furent amplement instruits sur les lieux de vie du couple, mais sur les questions indiscrètes ce fut le silence créant la frustration. alors, comme tout journaliste en mal de copie,ils inventèrent.
A la suite de cette entrevue,les journaus locaux, puis régionaux, puis nationaux s'emparèrent du sujet et publièrent en renchérisant chaque fois,des photos et des atricles mensongers sur la cabane forestière et sur ses habitants!
Devenant , du jour au lendemain de fugaces vedettes de médias, ils furent, du même coup, traités comme des parias par les gens du village, même si on parlait d'eux enterme élogieux, mais un brin condescendant. Alors ils racontèrent les vaches mortes en vêlant, les nourrissons, brûlants de fièvre et couverts de pustules morts à cause des traitements administés par la"sorcière"!
La réaction fut immédiate: On brisa à coups de pierres les vitres du studio en ville d'Annick! On lança une meute en forêt pour abattre ds animaux sauvages, soient-disant dangereux qu'ils aurtaient détenus dans un enclos secret pour les torturer et en tirer des onguents et liqueurs empoisonnées et mortelles!
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