Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets
Aurélia, seule au centre de la cuisine avec, en face d'elle ses auditrices, rangées devant le fourneau, remplit sa mission de gazette non sans plaisir de se trouver au centre de toutes les attentions. Pendant son bavardage, elle fur rejointe par Maurice, son jardinier de mari,qui arrivait, les avant-bras bronzés et poilus, chargés de deux immenses paniers remplis de poireaux, carottes, haricots, pommes de terre, le tout couronné de persil, cerfeuil, estragon et ciboulette. Un vrai potager ambulant!
Maurice était grand, taillé comme un chêne, muscles saillants et grandes mains calleuses aux doigts épais.Teint basané par le soleil, visage et nuque coupée de rides profondes, petute miustache en brosse, poivre et sel, l'oeil bleu porcelaine au regard un peu frisé, qui faisait se trémousser Aurelia!
Vêtu d'une chemise à grosses lignes, d'une large bande de flanelle servant de ceinture au pantalon de velourd bronze. Chaussettes rouges abondamment ravaudées et casquette grise à carreaux, retirée aussitôt ses paniers posés. Découvrant, ainsi, ses cheveux gris, clairsemés et collés par la sueur. Peu habitué "au monde" et très timide, il avait horreur de ces visites obligées"au château" et s'y attardait le moins possible, au contraire d'Aurélia qui aiamit se donner l'impression d'être mondaine en papotant dans la grande cuisine sombre.
Il se retira donc, très vite, après qu' Honorine, la cuisinière, eut vérifié le contenu des paniers,pour retrouver trèsvite, ses pelouses, ses massifs et son potager.
Mais non sans avoir jeté un regard en coulisse vers Marie-Louise, une des préposées au service qui lui plaisait beaucoup, sans doute parce qu'elle était toout l'opposé de son Aurélia: Grande, maigre, poitrine et fesses plates, lèvres minces et regard de braise,encadré par des cheveux courts. Nullement insensible aux yeux bleus et aux avants bras musclés du jardinier. Maurice était fidèle mais il se serait bien laissé tenter par un coup de canif dans la contrat de mariage!
Aurélia s'en retourna, elle aussi, avec un peu de tregret, mais sachant qu'elle devait aller préparer le déjeuner pour son homme et ses trois enfants: Madeleine, Michel et Jacqueline. L'aînée avait treize ans, et déjà coquette, se retournait sur son banc, le dimanche à la messe pour lorgner les garçons!