Même prisonnière dans un pays Immense et totalement inconnu, avec un caractère trempé comme le sien Clémentine refusait de se laisser envahir par le chagrin, les regrets ou la peur ! Les larmes ne lui apporteraint rien de positif, et malgré tout, assise sur son étroite couchette et commençant à réfléchir à sa situation et à la décision qu'elle allait devoir prendre, elle se surprit à se ronger les ongles ce qu'elle n'avait plus fait depuis l'époque où Mickaël était avec elle, car cette manie le troublait beaucoup et il lui avait prouvé maintes fois quel résultat provoquaient des caresses faites sur lui avec des mains dans cet état !
Refuser de travailler pour ses geoliers c'était se vouer au cachot, à la solitude et probabblement, à plus ou moins long terme à disparaître. Par contre accepter c'était d'abord se donner du champ libre et un relatif confort pour continuer à travailler en leur donnant, évidemment, des éléments qu'ils ne possédaient pas. mais peut-être aussi de leur piquer d'autres secrets qu'elle ne possédait pas et qu'elle pourrait rapporter à sa Société, car dans son esprit, l'idée d'une évasion était sans cesse présente. Et d'autre part en trvaillant pour eux, elle se donnait la possibilité éventuelle de faire du sabotage dans l'évolution de leurs propres recherches en les aiguillant sur de fausses pistes !
Cette pensée lui mit du baume au coeur et lui donna l'envie de danser la gigue dans sa cellule. Et puis Emmanuel qui avait beaucoup grandi dans son estime depuis le début de leur voyage allait peut être trouver le moyen par l'ambassade de la retrouver, de la délivrer et peut-être même de faire un procès tonitruant à ses ravisseurs comme celà s'était déjà produit aux Etats Unis ;
L'évocation d'Emmanuel et de la douceur de sa main posée sur elle fit naître quelques troubles et une sensible moiteur en elle, à sa grande surprise. Mais ses états d'âme et de corps furent interrompus par l'arrivée de la jeune femme qui déjà ce matin lui avait apporté sa frugale collarion. Elle se prénommait Râni, était fort jolie et tout sourire en lui annonçant qu'elles allaient partager le même déjeûner ;
Rompre sa solitude était agréable pour Clémentine. Qui allait pouvoir sortir, un peu du maelsröm qui bouillonnait dans son cerveau depuis le début de la matinée.
Assise côte à côte, elles commençèrent le repas par un carry de pigeon arrosé de thé. Pour rompre le silence Râni commença un bref récit se sa vie.D'où il ressortait qu'elle était la fille d'un haut dignitaire, jadis richissime mais qui, ruiné avait dû demander à sa fille de mettre ses études au service d'un travail rémunéré.
Clémentine ne tenait pas à dévoiler sa vie réélle, alors elle s'en inventa une autre selon laquelle en dehors de son travail de chercheuse, elle était une coureuse passionnée de rallies automobiles qu'elle allait courir dans le monde entier, grâce à un richissime sponsor dont elle laissait supposer qu'il était son amant et qui donnait de somptueuses réceptions pour elle dans son hôtel particulier situé au pied de la Tour Eiffel.
Râni écoutait, bouche bée et Clémentine en rajoutait cinq tonnes pour vivre par procuration des choses qu'elle aurait aimé connaître réellement, et dont elle rêvait comme jeune adolescente, le soir dans son lit en se rongeant les ongles et en naviguant entre ses cuisses !
Râni, un peu bluffée, crut bon d'en rajouter, dans un domaine un peu particulier, en expliquant que chaque semaine elle organisait, avec l'accord de son mari et sa complicité, des soirées entre femmes, très chaudes et audacieuses auxquelles Clémentine pourrait participer si elle le désirait, à condition qu'elle ait choisi de travailler comme on le lui avait proposé !
.