Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets
Son peloton, ce jour là, étant un simple élément au sein du bouclage-ratissage en cours, avec un axe de progression précis, ce n'était pas lui qui pourrait, aujourd'hui,courir à la rescousse de l'unité accrochée, comme il le faisait, d'habitude avec les hélicos. Les rafales s'étaient faites plus nombreuses. Brèves et sèches pour les pistolets mitrailleurs, plus lourdes et prolongées pour une mitrailleuse ou un fusil mitrailleur. Sans doute servi par les rebelles ;
Il imaginait les hommes de l'unité accrochée, courbés, progressant, sans doute, en fond d'oued, tirant de brèves rafales pour arroser les bouquets de lauriers roses, d'où pouvait jaillir, soudain,, à deux mètres d'eux,le canon d'acier noir bleuté d'un fusil de chasse!
Il se souvenait, aussi, du claquement, sec comme un coup de fouet, des balles passant à hauteur d'homme, avant de sectionner une branche d'arbuste et de se ficher dans le sol, avec un petit jaillissement de poussière en miaulant ou en ricochant sur une pierre. L'odeur de la poudre devait commencer à griser les combattants, plus sûrement qu'une rasade d'alcool, les rendant plus audacieux dans leur progression. Tout en épongeant, d'un revers de main la sueur coulant de leur front,et les aveuglant.sousle casque Tendus à l'extrême par le danger de leur progression, ils n'avaient pas le temps d'avoir peur!
Il vivait là, par procuration, un accrochage comme il en avait vécu des dizaines, pris dans le feu de l'action avec pour seule préoccupation, de bien manoeuvrer pour éviter, autant que possible,à ses hommes, de se trouver en situation d'être blessés ou tués. Voulant obtenir le maximum de résultats sur des adversiares en turban,,agressifs et courageux. Résultats voulant dire, hélàs, blesser ou tuer les premiers !
L'accrochage une fois terminé, sans casse du côté de ses hommes, si on avait eu de la chance, on comptait les morts adverses et on appelait les hélicos pour évacuer les blessés, avant de prendre position pour la nuit, au sommet d'un piton avec des sentinelles pour éviter les surprises.
C'était l'heure de la détente des corps et des nerfs. Le moment de creuser, au poignard, un trou dans le sol durci, pour y déposer et enflammer un comprimé de Meta. Qui chaufferait le tablette de soupe de pois au lard dissoute dans l'eau tiède du bidon. L'heure des récits excités et amplifiés de ce qu'on venait de vivre. En mâchant une concrète de fruit et en fumant la dernière cigarette avant la tombée de la nuit. Puis, écrasés de fatigue, venait la recherche du sommeil. Allongés à même le sol rocailleux, la tête sur le sac à dos servant d'oreiller, en dégrafffant juste la ceinture du treillis, mais sans se déshabiller ni même se déchausser, Et confiants en la vigilance des sentinelles !
C'était aussi, pour lui, l'heure du compte-rendu radio au capitaine, avec bilan de l'opération et celle des consignes à recevoir et applisuer pour la nuit, avec souvent une embuscade à monter et le début du jour suivant. Les nuits d'été dans la Djebel, sont en été, d'une pureté de cristal, constellées du feu de la brillance des étoiles, tremblotantes dans l'air encore tiède de l'après crépuscule. Puis venait l'heure de la nostalgie des souvenirs d'une époque où on était encore "pékin" Des mains douces et caressantes des amours de vacances, de leurs lèvres audacieuses et voyageuses. Dont le seul souvenir faisait naître le désir, au creux des reins moulus, mais vite étouffé par la fatigue. Avant de tomber écrasé par un sommeil lourd comme la poix. les sens restant, pourtant en évei, aus aguets d'une éventuelle attaque surprise !