Jérôme se fit conciliant: -"Vous savez Valentine, je ne cherche pas à pénétrer, sans que vous m'y invitiez, dans votre jardin secret, mais si vous me parlez de vous, j'en serais heureux !"
-"Jardin secret ou pas, quoiqu'il en soit, si je parle, ce sera pour la première fois, et si je le fais ce sera uniquement parce que vous me le demandez et que j'ai confiance en vous pour n'en parler à personne." -"Vous pouvez me faire confiance, Valentine, je serai muet comme une carpe!"
Il la regardait, avec les yeux différents de la curiosité, sans penser, pour autant, que de grands évènements aient pu dominer la vie de cette femme, à qui il trouvait, ce soir là, un visage différent et presque séduisant. Emue, et mise en confiance, elle commença à raconter, mais un peu comme une petite fille qui ose se confesser !
-"En fait, ma vie n'a rien eu, jusqu'ici, de bien extraordinaire, même si elle n'a pas toujours été facile: Mes parents étaient agriculteurs, à la retraite au moment de leur mort, il y a deux ans: Asphyxiés par un poële à mazout intallé dans leur chambre. Ils avaient toujpurs vécu dans leur petite ferme.
Ils ont fait, surtout de l'élevage, mais à petite échelle: Une vingtaine de vaches laitières, avec leurs veaux, quelques chèvres, un important poulailler, des ruches et un grand potager. De quoi vivre, mais pas comme des nababs !
Mon père était très attaché à ma mère qui le lui rendait bien. mais malheureusement, au bout de quelques années, notre voisin, viticulteur, le poussa un peu trop souvent vers la bouteille. Et dès lors, depuis le début de la soirée, il confondait, souvent, autour et alentour. Se livrant à des gestes un peu trop entreprenants et parfois brutaux sur ma mère, qui le chassait ;
Alors, mais j'ai honte de le dire,il se retournait vers moi, et avait tendance, à partir de mes douze ans, à venir dans ma chambre pour se consoler du refus de ma mère, dès qu'elle dormait. Et à me prendre pour elle, avec ses doigts et ses lèvres. Alors qu'avant, il se contentait de tendres baisers qui ma piquaient à cause de sa moustache.
Même si ses gestes étaient doux, je n'aimais pas les visites qu'il faisait dans ma chambre. Parce qu'il y venait presque nu, en pan de chemise, s'asseoir sur mon lit. Il me montrait "sa chose" et me demandait de lui faire comme maman. Il me prenait par la nuque et me courbait vers lui. C'était gros, dur, et çà sentait mauvais ! Mais j'avais , dans ma tête, l'obligation de lui faire plaisir ! Quand il avait " fait sa petite affaire",il m'abandonnait, toute poisseuse avec l'envie de pleurer et de vômir !
Maman n'en a jamais rien su. Et un jour, il a arrêté de venir me voir. Il avait trouvé le moyen de se défouler, quand maman ne voulait pas de lui, en allant dans l'étable rejoindre la Noiraude ou la Blanchette. Une vache et une chèvre qu'il préférait entre toutes. sans doute à cause d'une vieille réminiscence de son adolescence.
En me cachant, je l'ai suivi, et vu, plusieurs fois, quand il quittait la table, après le dîner, vaguement titubant, alors que maman faisait la vaisselle. Moi j'étais contente, parce qu'il ne venait plus jamais me retrouver dans ma chambre, et peut- être que maman pensait le même chose mais elle pleurait souvent !
Moi aussi j'étais triste, mais je me consolais en classe. j'avais une voisine de pupitre très gentille, Solange, que j'aimais beaucoup, qui me racontait plein de bêtises sur le "zizi" des garçons qu'ils se tripotaient en classe et elle me faisait des baisers que je lui rendais. On était plus que copine et on se disait que quand on seraient grandes, on se marieraient ensemble pour ne jamais se quitter ! C'était la joie !