Sans s'écarter de Romain dont l'émoi était devenu tangible, Joël s'était tourné vers Rémy pour l'associer à sa tentative de séduction. La bannette était étroite, mais l'instant d'après, lovés les uns contre les autres, à la fois langoureux et actifs, les trois hommes devenus complices et amants montèrent, tour à tour et ensemble au firmament du plaisir. Une forte odeur de mâles flottait dans la cabine dont le plancher conservait les traces des jaillissements précédents de Rémy, puis de Romain !
Le Djinn, peut-être complice des étreintes viriles du maître à bord et de ses acolytes, tantôt tirait sur ses amarres, tantôt se laissait aller mollement, en s'appuyant sur ses défenses qui le protégeaient des pierres rugueuses ou engluées d'algues vertes du quai. Le clapot de l'eau, entre la coque et le granit, formait une sorte de murmure apaisant, comme un calme, avant le début de la tempête .
Joël, en se tortillant et en ondulant entre ses deux compagnons de plaisir, une fois ses élans apaisés, se rajustait en se réjouissant d'avoir sû, avec à propos et adresse, provoquer l'hospitalité de Romain. qui, lui, était encore tout étourdi du feu d'artifice que lui avaient offert ses complices. Mais aussi, surpris en pensant au chemin qu'il avait parcouru depuis qu'Armelle l'avait écarté de son bat-flanc.
Où allait-il ainsi? Il n'en savait trop rien et vivait, surtout, l'instant présent en tendant une sorte de rideau de fumée sur l'avenir. La mer et la pêche lui donnaient son pain quotidien qu'il partageait avec Rémy.
L'arrivée de Joël dans leur petit univers, risquait de compliquer les choses, d'autant que les liens entre les deux garçons ne devaient pas dater d'hier et que Rémy n'avait jamais fait la moindre allusion à ce beau compagnon de plaisir. lorsqu'ils furent seuls, il s'en expliqua, sans la moindre gêne:
-"En vrai, nos relations intimes datent de l'école, à l'époque où je glissais sous les pupitres pour offrir, en l'absence du maître,des caresses bien précises à ceux qui les souhaitaient. Joël en était particulièrement friand et, pour les prolonger et les partager mieux, il m'invitait souvent chez lui, les jours sans classe, à venir s'enfouir avec lui dans la grange à foin de la ferme des ses parents !
Nous n'avions été initiés par personne à ce genre de caresses. nos pulsions venaient du fond de notre nature et, l'un comme l'autre nous avions été heureux de trouver un copain qui partage les mêmes élans et les mêmes sensations. Jusqu"au jour où le père de Joël nous ayant surpris en pleine action dans sa grange m'a chassé de chez lui en m'interdisant d'y revenir.
Pendant un temps, on étaient amoureux l'un de l'autre, et devenus capables de jouir vraiment, nous nous sommes retrouvés dans les buissons de la lande et au fond de la pinède. Mais le petit port ne possédant pas de lycée, les parents de Joêl l'ont envoyé continuer ses études dans la grande ville la plus proche. Nous étions désespérés de cette séparation !
On ne pouvait se retrouver qu'aux périodez de vacances, mais nos liens se sont d'autant plus distendus que Joël avait trouvé ou initié, dans les lits du dortoir, de nouveaux copains pour se faire plaisir avec eux !
Plus tard, j'ai embarqué au long cours. On a été séparés complètement l'un de l'autre et on vient tout juste de se retrouver, il y a quelques jours.
C'est en se côtoyant dans les toilettes publiques qu'on s'est reconnus, avec émotion, et à l'abri d'une des cabines fermées, on a renoué les liens qui nous avaient, autrefois, si fort attachés l'un à l'autre. Joël avait terminé ses études et travaillait dans une société d'import export dont l'un des dirigeants, subodorant ses penchants s'était, rapidement manifesté comme ayant les mêmes, ce qui avait favorisé son avancement dans la hiérarchie !