C'est bien autre chose que ce qu'en disent les livres, pudiques ou érotiques, ou ce qu'en montrent les peintres ou les cinéastes. Avec leurs images symboliques ou érotiques!
Tout commence aux premiers regards qui se croisent, un jour, un soir, sur un trottoir, sur une plage, dans un salon, ou ailleurs. Les pupilles irradiées d'un encore inconscient, savent déjà, qu'un jour, les deux corps se rejoindront, dans le flamboiement d'un coucher de soleil sur une plage encore chaude de soleil. Ou dans l'intimité étroite d'une chambre de bonne, sous les toits. Ou peut-être même dans la douceur soyeuse des draps d'un palace, après les grandes orgues du matin et les petits fours de la fin de journée.
Et les jours passent, pendant que deux corps, mais aussi les esprits, se rejoignent, en secret,sans jamais se toucher, mais en s'imaginant, en s'évaluant, à l'aune d'un désir différent pour l'un et l'autre: Tendre et discret pour l'une, souvent plus impétueux pour l'autre, même s'il veut rester attentif aux élans encore imprécis de l'élue.Avec
des éspèrances, des retours sur soi, des hésitations, puis des élans irrésistibles!
Et si vient"le jour",parce qu'il ne vient pas toujours, ce sont d'abord deux corps qui se dévoilent, avec parfois quelques dérobades, à cause des imperfections. Et puis les premiers gestes de l'un vers l'autre, les corps qui se rencontrent, les peaux qui se découvrent, les odeurs qui s'exhalen, puis se mêlent.
Viennent les caresses, souvent unilatérales avant de devenir partagées, doigts et lèvres humides.
Alors commencent les premières luisances, les premières moiteurs, les corps qui s'écartent pour mieux s'offrir avant de s'enlacer. Avec des silences, des souffles accélérés, les quelques mots murmurés ou contenus, alors que la virilité en émoi rôde autour d'une presque béance qui s'épanouira plus tard, à l'ombre de sa forêt.
Mais lorsque la conquérante pénètre l'offerte, doucement ou plus brutalement, rien n'est joué. Tout commence, au contraire, car c'est au moment où l'un glisse en l'autre en mêlant deux gluances que tout devient possible.
C'est le début de l'exultation des corps: De la peau qui déverse son grain de douceur et ses gouttes de parfum de procréation. De la fourche velue qui entre en totale béance.Des orteils qui s'écarquillent et se crispent, comme pour mieux retenir l'intensité qui taraude, qui investit, qui fouille en ondulant, en allant et venant.Alors qu'elle aspire, qu'elle ventouse, qu'elle enveloppe, comme une prédatrice affamée, dont les ongles se plantent dans la chair pour retenir davantage encore l'instant de toutes les attentes!
La montée de l'élan est progressive, pas toujours harmonique, mais l'un attend l'autre, l'espère, cherche à le provoquer pour vivre une incantation commune, une explosion unique, dans une morsure des lèvres des griffures de doigts, un halètement identique, un cri rauque ou un feulement de panthère!
Au moment ou jaillit, dans sa blancheur onctueuse"l'écheveau de soie floche" qui fouette avant d'inonder et de se repandre et provoque les spasmes, les tressautements de la vallée refermée sur elle-même pour mieux garder et contenir!
Les regards ont chaviré, les têtes sont allées de gauche et de droite, cheveux collés aux tempes par la passion. Avant que tout retombe, en des formes enlacées ou désunies, mais enfin apaisées, avec l'espoir, déjà, d'un autre demain. L'odeur d'un peut-être amour flotte dans la pièce!
Tout n'est pas toujours parfait, ni vraiment harmonique. mais tout a été fait, donné, offert et reçu pour qu'il en soit ainsi jusqu'à la fin des temps !,