Très peu de temps après le retour de Gwenaëlle, Emmanuel eut à effectuer un assez long voyage professionnel aux Etats-Unis, ce qui procura aux deux femmes le plaisir tant attendu par l'une et l'autre, de se retrouver en tête-à-tête. Emmanuel savait ce qui allait se passer, mais l'envisageait sans trouble, espérant que c'était ainsi qu'allait se creuser le sillon d'une vie en trio dont il attendait de profondes délices.!
Le premier soir des retrouvailles des deux femmes fut calme et tendres, car ni l'une ni l'autre ne voulait donner ou recevoir des assauts de tendresse et de désir sur un champ de bataille encore meurtri.
Ce ne furent donc, d'abord, que caresses et butinages légers de conques océanes pourtant gorgées de désir. Gwenaëlle s'enfonça, avec délice,jusqu'au coeur de la forêt broussailleuse et rêche ombrageant le mont bombé de Myriam, pour y respirer toutes les effluves marines d'une vallée inondée. Elle brouta aussi les aisselles délicieusement moiteset tout aussi touffues. Alors que sa partenaire, tendre, puis avide, butinait son bourgeon turgescent sevré de caresses!
Gwenaëlle eut alors son premier orgasme post-natal ! Elle voulut, ensuite, offrir le même cadeau à Myriam qui chevauchait son visage en faisant onduler son bassin. Le visage luisant de leurs écumes mêlées, elles roulèrent enlacées sur le grand lit fleurant la lavande, mais aussi les effluves marines et africaines !
En l'absence d'Emmanuel, de même qu'il avait élu domicile chez Myriam peu de temps auparavant de la même manière, elle vint se couler, chaque soir, contre sa tendre amie.
Ce que Gwenaëlle avait entrevu de très loin avec Marjorie, elle le vivait, de tout près entre les cuisses de Myriam, au cours de nuits brûlantes avec une femme amoureuse au tempérament de feu. Certains soirs, elles allaient jusqu'au délire, avant de retomber hagardes, cheveux collés aux tempes, regards chavirés, et épuisées dans les bras l'une de l'autre. Elles se grisaient, mutuellement de leurs senteurs et de leurs liqueurs.
Mais leurs élans réciproques n'étaient pas que physiques, leurs coeurs battaient de plus en plus souvent à l'unisson. Courbées, toutes les deux,sur le lit et le berceau de Manon et de Clotilde. Ce qui fit chavirer celui de Gwenaëlle fut la phrase de Myriam, disant soudain, la voix brouillée par l'émotion, en regardant le deux puces, alors que Manon suçait son pouce avec application:
-"Mon amour, j'autais tant aimé pouvoir les faire avec toi!" Gwenaëlle se sentit les jambes molles et dut s'asseoir, alors que Myriam venait déposer un tendre baiser sur ses lèvres un peu tremblantes.
Au retour d'Emmanuel, elles eurent tendance à le considérer comme un intrus et la première soirée, vécue en commun, manqua de décontraction ! La nuit venue, il se faisait une fête de retrouver le corps de Gwenaëlle dont il avait été privé depuis des semaines avant la naissance. Elle fut, en effet, très accueillante pour lui et pour son anatomie vibrionnante de désir contenu.
Comme il voyait, pourtant, que le visage de Gwenaëlle ne reflétait pas les même flammes de désir qu'auparavant, il pensa que c'était l'occasion de faire naître le trio auquel ils avaient pensé chacun de leur côté depuis des mois!
-"Tu devrais demander à Myriam si elle veut venir nous rejoindre!"
En réalité, seule sur son lit, nue et offerte, celle-ci fantasmait sur le couple de ses deux partenaires, imaginant leurs ébats et s'efforçant de les accompagner par la pensée et.... par le geste.
Lorsque Gwenaëlle, nue sous sa nuisette, vint la chercher, elle était au bord du plaisir. C''est dire qu'en se glissant entre les deux, dans les draps du grand lit, elle était dans un état de réceptivité totale aux caresses, qui s'insinuaient en elle, devenue bouillonnant marécage;