Ses rapports avec sa belle-famille étaient plutôt froids, car ils considéraient que Gwenaëlle, si brillante fut-elle, n'appartenait pas à l'élite sociale dont eux-même faisaient partie en ayant l'air de trouver celà normal, mais en étant secrètement flattés. Par contre, moralement, le fait qu'elle soit enceinte des oeuvres de leur fils, faisait d'elle une jeune femme sacrée!
Ce fut au cours de leur seconde année d'Ecole que la petite Marion vint au monde, sans bruit, sans éclats, sans anicroches, non plus. Elle commença son existence sous le toît de ses grands-parents maternels, avec l'aide d'une assistante puéricultrice, dévouée, aimable et parfaitement compétente, mais peut-être un peu trop attentive à Emmanuel et à la fortune de sa famille. Sa présence laissa les coudées franches à Gwenaëlle pour terminer ses études et trouver une situation.
Ils en arrivèrent à l'épisode du mariage, qui logiquement, et comme prévu, intervenait à la fin des études et au début de la vie professionnelle des conjoints. Enfin réunis sous le même toit, dans un grand appartement clair et bien situé.
Myriam, l'assistante maternelle, recrutée par sa belle mère, suivit Marion et fut installée dansun petit appartement à l'intérieur du grand, où elle avait ses aises et sa liberté d'aller et venir.
Le mariage avait été somptueux, comme il se devait. Cérémonie et réception avait attiré le tout Paris, plus ou moins apparenté à la famile d'Emmanuel. Comme toujours dans ces circonstances, Gwenaëlle avait été félicitée, entourée et couverte de baisers mouillés. Mais elle n'était pas dupe et tous ces complments n'étaient que de façade. Car les flagorneurs pensaient, presque tous, qu'Emmanuel commettait une mésalliance et le faisait sentir avec plus ou moins de tact à la mariée !
Un voyage de noces aux Seychelles avait couronné cet épisode mondain et artificiel de la vie de Gwenaëlle. Qui, même si elle éprouvait estime et attirance pour son mari, ne pensait pas pouvoir atteindre avec lui, les plus hautes marches de l'amour.Pourtant, le dépaysement des îles aux eaux chaudes et turquoises avait mis le couple dans un état second, proche du rêve des mille et une nuits! Leur harmonie en avait été renforcée, et ils avaient commencé à construire, vraiment, une entente physique qui séduisait l'un et l'autre.
L'attention et les charmes de son mari, la découverte de tout ce que leurs corps pouvaient partager au coeur d'une éxaltation sans cesse renouvelée en avait fait oublier à Gwenaëlle l'attirance qu'elle avait connue, jusqu'alors pour certaines silhouettes féminines.
Elle acquit, au contraire, une véritable fascination pour la virilité masculine. Pour la douceur satinée de son enveloppe, et le velouté de son dôme gorgé de désir. Fière de pouvoir, avec ses caresses de femme, engendrer la métamorphose de cet émissaire d'un plaisir qu'elle découvrit réellement, sachant si bien mêler en elle leurs liqueurs intimes en des chevauchements éperdus!
Alors qu'Emmanuel était devenu habile à découvrir et à investir une intimité en béance et surtout, à exalter le bourgeon libéré et érigé.
En quittant les îles, sans le savoir encore, Gwenaëlle attendait son deuxième enfant. En rentrant à Paris et en retournant à son poste, elle tint cachée cette nouvelle qui risquait d'importuner ses supérieurs, alors qu'elle était si récemment installée dans ses fonctions.