Les trois corps,poisseux de liqueur, comme les draps, restaient soudés dans une étreinte partagée. Aurélia avait découvert la magie des aisselles de Nadia, forêt sombre, broussailleuse et parfumé,à la saveur acide. Prémices aux senteurs violentes venant de la toison crépue. Elle s'était insinuée dans l'entrecuiise, remontant même jusqu'à l'anneau, cerné de duvet frisé, retenant de grisantes moiteurs mêlées à celles des lèvres luisantes de la vallée beante!
Très vite au courant de ces ébats volcaniques, Khadidja, d'abord jalouse, plutôt que d'en être écartée, voulut les partager. Ce qui eut lieu très vite dans une grande confusion des coeurs et des corps entremêlés
Descendue volontairement de son piédestal de Princesse pour partager, par amour, la vie de deux petites bourgeoises européennes,obligée de supporter celui qui enflammait le coeur d'Aurélia pour Cyrielle, Khadidja poussa encore plus loin sa réaction:
Après avoir conquis, au passage, le corps de la radieuse marocaine, elle s'efforça de créer une sorte de phalanstère! Chose inimaginable pour une Princesse Arabe, et ceci à l'insu de son père qui, s'il l'avait su l'aurait, sans doute fait fouetter jusqu'au sang, malgré son âge et son rang !
En dépit de tout celà, Khadidja était convaincue de pouvoir persuader les trois femmes de mener une vie commune heureuse et tendre, malgré les différences de sentiments, battant dans le coeur et le corps de chacune d'elles !
Amour-passion entre Aurélia et Cyrielle. Amour-passion, à sens unique de la princesse pour Aurélia, sans espoir d'autres retours que celui de caresses physiques. Sensualité torride entre Cyrielle et Nadia, partagée en partie par Aurélia, celà faisait beaucoup de pulsions mêlées et diverses,mais nullement contradictoires !
Par amour total pour Aurélia, Khadidja non seulement supportait mais acceptait de voir cette chevauchée des corps et des coeurs. Et loin de s'en éloigner, souhaitait s'y intégrer au plus près et le plus intensément possible, pour conserver le seul bonheur de respirer le même air qu'Aurélia,et de pouvoir connaître, encore, la douceur de ses doigts sur son corps, tellement torturé par le désir qu'elle en suffoquait parfois!
Elle voulut concrétiser ce désir, en offrant un somptueux dîner prévu pour elles seules.Quatre Bacchantes en folie ! Volontairement, elle avait commandé, comme boisson, un Champagne rosé d'une marque illustrissime et, pour la première fois de sa vie, voulut briser les tabous de sa religion en buvant de l'alcool, en entraînant Nadia dans ce grave écart de vie !
Commencé dans une tendre euphorie, le dîner évolua. L'alcool les avait mises dans un état proche du délire. Nues, enlacées sur les immenses tapis de haute laine accueillant leurs élans. Ce n'étaient plus des femmes consciente et raisonnées mais des Bacchantes en délire, mêlant dans une sorte de tourmente orgasmique noyée de cyprine, tout ce que leurs corps pouvaient libérer de pulsions venant du tréfond d'elles- mêmes
La fin du dîner fut une orgie au cours de laquelle Aurélia, reconnaissante, s'offrit totalement à la Princesse, faisant en sorte qu'elle monte en jouissance jusqu'au bord de la folie, sous le regard de ses deux amies mises en transes par ce déchaînement !