Invité, d'un geste, à s'asseoir, Rodrigo, pourtant intimidé, constata que le garçon souriant, nullement gêné par une nudité qu'il sollicitait de temps à autre du bout des doigts, parlait assez bien l'espagnol. Il apprit alors qu'il s'appelait :Nicolas, qu'il était français et, voulant devenir torero, était venu apprendre le métier dans la ganaderia assez proche. Curieusement, sans se connaître, les deux garçons se sentaient bien ensemble, comme s'ils étaient amis depuis longtemps.
Pourtant Rodrigo n'osait pas dire qu'il était le fils d'un paysan de la région, alors que Nicolas, sans rien lui demander, lui proposa de venir, dès le lendemain, le rejoindre à la ganaderia pour le voir toréer..Tout en parlant, Nicolas regardait, tantôt le visage de Rodrigo, qui le fascinait par la pureté de ses traits, ses yeux noirs et son teint hâlé, ponctué de taches de son, et plus souvent, la partie de son corps à demi cachée par le pagne mouillé, ce qui provoquait, en lui, un trouble imprévu mais agréable.Alors que chez Rodrigo, en voyant la nudité de Nicolas s'épanouir sous ses doigts,naissait également un émoi auquel il ne comprenait pas grand chose, et une gêne impossible à diisimuler sous son pagne et sur son visage, malgré son teint cuit par le solei andalou !
Appuyé sur un coude, Nicolas s'amusait de leur trouble réciproque, tout en sachant que s'épanouissait, entre ses cuisses, un désir qui empêchait le regard de Rodrigo de savoir où se poser. Alors que se mêlaient autour d'eux les odeurs de sable chaud, de seiches pourrissantes, de varech, et de corps moites et brûlants de soleil.
-"Tu devrais faire comme moi, on est tellement plus à son aise!"
Le jeune espagnol se sentit rougir sous son hâle. Jamais il ne s'était mis nu devant personne. Sauf sa mère et ses frères et soeurs, quand il était petit. La pudeur était de règle dans sa famille.
Pourtant ce tête à tête insolite, avec ce garçon étranger, faisait naître en lui des réactions inconnues, jusque là.: Un envie de parler, d'échanger, de partager.
Lui qui vivait seul , des journées entières, accroché à la croupe des quelques vaches que possédait son père. Avec l'espoir de les voir fécondées, en fraude, dans le secret des collines brîlées de soleil, par des taureaux de combat encore au pré. Et tenter de faire, ainsi, de leurs veaux, des vedettes de l'arène qui apporteraient célébrité et richesse à la famille.
-"Est-ce-que, comme moi, tu aimes te faire du bien, ensecret, la nuit?"
Tout en parlant, Nicolas avait joint le geste à la parole, pour que Rodrigo comprenne bien de quoi il voulait parler, provoquant, ainsi, l'épanouissement de sa virilité encore adolescente, mais déjà de belle venue et veinée de bleu. Et du même coup, faisant naître un trouble encore accru, et jusqu'alors inconnu, mais maintenant nettement visible, entre les cuisses de Rodrigo!