Qui pourrait savoir où elle était, pour venir la délivrer? Elle vit trois fois le jour décliner et se relever avant qu'un jeune garçon de treize ou quatorze ans, vêtu de haillons si courts qu'ils ne cachaient rien de son anatomie encore adolescente mais fort prometteuse, vienne la chercher pour la conduire dans une grande salle voûtée, aux murs couverts de tapisseries. Au centre, une table immense et massive, derrière laquelle trônait Sylvain, le prétendant qu'elle avait refusé quand elle avait douze ans, bien avant de s'éprendre de Tristan ,et qui avait juré qu'un jour, il se vengerait de ce refus. Pour l'heure il festoyait et buvait, visiblement plus que de raison!
Le regard à la fois plein de triomphe, mais aussi teinté d'une lueur d'inquiétude, il interrogea Mauriane:-"Refuses-tu encore la proposition que je t'ai faite, jadis, de devenir ma femme et donc baronne de ces lieux? D'un geste de tête, elle signifia son refus, et elle vit s'empourprer le visage de son ravisseur! -"Tant que tu n'accepterras pas de m'épouser, tu resteras là où tu es! jusqu'à ta mort s'il le faut !"
Mauriane se mordit les lèvres pour ne pas crier, mais d'un signe de tête elle renouvela son refus! Sylvain, au comble de la fureur, s'adressant à Cyril, le garçon qui l'avait conduite jusque là, il ordonna:-"Mets la nue, attaches là au mur et fouettes là!"
Le garçon eut un haut le corps, mais sachant qu'il ne pouvait désobéir, après avoir jeté à Mauriane un regard de désolation, il dut s'éxecuter.
Elle se retrouva nue, le dos collé au mur de granit rugueux,, les bras en l'air, attachés à un anneau de bronze scellé dans le mur,au dessus de sa tête. Une verge d'osier allait servir d'instrument de torture! -"Dix coups pour commencer!" ordonna Sylvain! La main de Cyril tremblait! Mais habitué aux coups à donner sur le bétail, il fit en sorte que ceux-là n'atteignent que les parties les moins sensibles du corps de Mauriane dont il admirait, malgré lui la nudité palpitante et bientôt pantelante! Et son trouble profond se manifestait, fort bien, sous ses haillons.
Le châtiment accompli, il détacha Mauriane qui n'avait pas bronché pendant la séance, mais qui pleurait en silence, le corps zébré de striures mauves et déjà boursouffklées.
Sur ordre de Sylvain, il la reconduisit dans sa cellulle, et là, voyant le désarroi de la jeune femme, il se jeta à genoux, face à elle, pour poser ses lèvres gercées sur les marbrures encore dévoilées sur le corps de Mauriane, ce qui augmenta encore son trouble en humant les puissantes effluves qui montaient de la fourche embroussaillée de sa victime!
En levant la tête, il tenta de la réconforter en disant:-"Je m'appelle Cyril, je suis l'un de ses bâtards! Je vous trouve très belle! Mon père est un bourreau et même si je dois, moi aussi être roué de coups et même en mourir sous la torture, je vais tenter de vous délivrer! Et il replongea son visage dans la fourche odorante de Mauriane qui le laissa faire, sans se plaindre! Au contraire, elle s'accrocha à lui, en un geste d'espoir et de reconnaissance! Mais Cyril ne voulut pas profiter, ainsi, de la situation, malgré ses narines et ses lèvres mouillées de sa grisante liqueur de femme et se refusa le droit de la prendre dans se bras et de la caresser encore, ce qu'elle n'aurait, sans doute pas refusé!