Le lendemain, elle était à Lausanne et se rendit au Syndicat d'initiative pour y demander la liste des hôtels et, notamment, ceux du quartier repéré qui était celui des affaires. Aux concierges de ces hôtels, elle disait avoir rendez-vous avec un certain Monsieur Sansonneur, véritable nom prédestiné pour le cloporte! Mais ce fut en vain, jusqu'au moment où, en entrant dans l'un d'eux, elle faillit se heurter à lui, qu'elle avait instantanément reconnu. Cette chance inouïe lui avait fait battre le coeur, sans lui faire perdre son sang-froid! Elle eut la présence d'esprit de le suivre de loin, pensant qu'il n'était peut-être venu à l'hôtel pour un rendez-vous et qu'il habitait ailleurs. Elle avait raison, car au bout de quelques minutes de marche, il s'arrêta devant un petit hôtel particulier où il entra en se servant d'une clé. Il y avait toutes les chances que ce soit son domicile, mais Antinéa observa deux jours pour le vérifier avant de passer à l'action!
Se trouvant dans le hall de son hôtel lorsque la postière était venue apporter le courrier, elle eut, soudain, une idée: Elle entreprit la jeune femme, jeune et jolie blonde frisottée mais à peu près de son gabarit, et lui demanda si elle pouvait lui rendre un service? La postière était hésitante, alors Antinéa précisa: Moyennant une compensation, naturellement. Les Suissesses sont comme les autres, l'argent ne leur déplaît pas! Antinéa enchaîna:
-" Voilà, demain, je dois aller à une réunion costumée et je trouve qu votre uniforme serait une tenue élégante et originale. Accepteriez-vous de me louer le vôtre pour une journée?" En proposant une somme rondelette pour un tel service. après un temps d'hésitation, Romane accepta:" Je termine mon travail à quatre heures, venez chez moi à cinq et je vous prêterai celui-ci car l'autre est au nettoyage. Et elle donna son adresse, son nom et son prénom.
Dans la journée, Antinéa s'envoya un télégramme à elle-même, que le concierge lui remit le soir avant qu'elle n'aille chez la postière, après s'être acheté une perruque, tout à fait semblalble à la coiffure naturelle de la postière!
A l'heure dite elle était chez Romane qu'elle trouva en peignoir,enfilé par dessus ses sous-vêtements. l'uniforme était emballé dans un grand sac en papier.et Romane y avait même ajouté une petite sacoche en toile qu'elle portait à la taille pour les télégrammes!