Djemilla a le visage allongé, le teint mat, des yeux de jais pailletée d'or,aux regards brûlants, derrière de grands cils, comme ceux des gazelles,rarement paisibles,souvent inquiets. Lorsqu'elle sourit, ce qui est rare, l'éclat de ses dents est encore renforcé par la carnation brune de son teint. Petite,mais harmonieuse, aux seins menus, au bassin androgyne, elle a une démarche souple, presque nonchalante, un port de tête altier qui lui donne la silhouette de la reine mythique de ce territoire: Une petite oasis jaillie des sables, à la porte du désert, sur le royaume d'Antinéa!
Assise sur le sable de la dune, brûlant ou tiède suivant l'heure,, elle caresse la laine de Biri, un chevreau blanc qui ne la quitte jamais. Avant de regagner la maison de terre ocre de ses parents pour y accomplir les taches ménagères qui sont les siennes. Son père est le chef de l'oasis, respecté de tous.Sa mère, plus effacée suit les traditions imposées à l'épouse et élève Djemilla qu'elle appelle Nadia, en souvenir d'une petite soeur aînée qui n'a pas vécu.Son travail et le repas terminé, elle regagne les dunes,dans la relative douceur du début de la nuit et du clair de lune montant lentement de l'horizon. Son regard semble s'envoler vers le ciel, comme si elle attendait quelque chose ou quelqu'un d'inconnu et de mystérieux, mais qu'elle semblait certaine de voir venir un jour!
Car, un matin, alors qu'elle tirait de l'eau au puits, pour remplir sa calebasse de peau de chèvre, une femme inconnue et sans âge, s'était approchée pour lui dire:
-"Sois patiente Djemilla, ton destin sera beau et grand, même si, parfois, il passe par de grandes douleurs
Puis, ayant ramassé une rose de sable, elle la lui avait donnée, et depuis, Djemilla ne s'en était plus jamais séparée, malgré sa fragilité, cachée dans un petit sachet de toile écrue.... Depuis lors, Djemilla parcourait les dunes, le regard levé vers le ciel. Et se levait même la nuit, pour aller voir, au clair de lune, si quelqu'un venait à sa rencontre.
Sa tunique en peau de chèvre était courte, son poignet ceint d'un bracelet de cuir de chameau et d'un autre en argent, cadeau de sa mère le jour de sa nubilité. Elle n'était pas voilée car fille du chef de tribu, mais elle était nue sous sa tunique, pour mieux sentir le vent venir batifoler entre les lèvres de son sexe que nul n'avait jamais approché!