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Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets

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Aurélia fait un cadeau à Germaine !

Vingt mètres plus loin en bordure de la route goudronnée et en direction du centre du village, se trouvait la maison de Germaine, la blanchisseuse qui prenait en compte le linge sale de ceux qui n'avaient guère le temps, ou l'envie de s'en occuper. Ses principaux clients étaient les occupants "du château", tout au moins pour tout ce qui était le gros linge de maison car il y avait souvent plus de vingt personnes en période estivale.
Germaine transportait sa cargaison sur une brouette, dan une énorme lessiveuse en zinc où le linge avait bouilli dans l'eau chaude contenant de la cendre en guise de lessive. puis elle partait pour le lavoir: petite, rablée dotée d'un corps presque cylindrique, tellement il était dépourvu de formes, elle avait un visage épais et buriné,avec un gros nez portant verrue,des cheveux blancs et une moustache noire qui faisait rire les enfants!
Germaine passait des heures dans l'humidité du lavoir, monté sur pilotis, en bordure du patit ruisseau, agenouillée dans son caisson en bois rembourré de paille et discutant avec ses voisines.
Pieds nus, les genoux perclus de rumathismes, les mains gercées par l'eau glacée, elle gagnait ainsi, chichement sa vie, avec un litron^pour lui faire un peu oublier ses douleurs et sa pauvreté.
De temps en temps, Aurélia lui apportait discrètement des poireaux, carottes pommes de tere et fruits. Ce jour là elle avait décidé de lui faire  un plus gros cadeau, qu'elle prépara dès le retour des enfants de l'école pour las endurcir et leur apprendre le métier.
Elle les réunit en cercle autour de la porte de la grange et plongea la main dans un sac de jute agité de soubresauts
Elle en tira un gros lapin qu'elle tenait par les oreilles et qui gigotait comme un clown, faisant rire les enfants. En le basculant, elle le prit fermement, par les pattes arrière. Les enfant savaient ce qui allait se passer et se sentaient, à la fois angoissés et curieux.  Le lapin gigotait toujours. Aurélia de l'autre main le saisit par les oreiles et l'étira très fort en position d'extension.
Puis elle lâcha les oreilles et d'un geste puissant du tranchant de la main, elle lui asséna un violent coup sur la nuque,juste derrière les oreilles. Estourbi, la nuque brisée, le lapin ne réagissait plus. Après lui avoir lié les pattes arrière, elle le suspendit à un gros clou planté dans la porte de la grange. La tension montait chez les enfants! Aurélie armée d'un couteau et d'un geste rapide et habile énucléa le lapin qui eut un sursaut Comme pour le poulet le sang coula dans la cuvette émaillée. Les enfants se détournèrent un instant.
Une fois le bête totalement saignée, Aurélia incisa la fourrure dans le haut des pattes arrière pour effectuer le dépiautage. En commençant par le haut des pattes elle tira la fourrure vers le bas et peu à peu la peau se décolla des pattes, puis du ventre et du dos jusqu'à la tête, comme si on lui retirait son tricot! D'un dernier coup sec, elle sépara la peau du corps. Elle la tendrait sur un cadre de coudrier pour la faire sécher et la vendrait au marchand qui passait régulièremnet au village. Les enfants restaient fascinés devant le corps écorché du lapin. au ventre rose veiné de bleu et gonflé par le poids des entrailles.
Aurélia remplaça le cuvette de sang par une autre plus grande.En partant de l'entrecuisse et en descendant jusqu'à la gorge, elle incisa la peau du ventre. Sous la pression de leur propre poids, les viscères s'expulsèrent d'eux-mêmes du corps encore pantelant et atterrirent dans la bassine avec un bruit mou.
Restaient les rognons, le coeur, le foie et les poumons prélevés avec soin et dextérité  par Aurélia. Lavé à grande eau, le corps fut enveloppé dans un torchon et porté en procession jusqu'à la maison de Germaine qui les accueilit un verre à la main et les embrassa en laissant sur leurs joues lisses et fraîches, les traces piquantes de sa moustache.
Germaine n'avait jamais été mariée. Orpheline de la guerre précédente,elleavait été élevée dans un couvent par des soeurs qui lui avaient infligé davantage de coups de règle que de baisers. En raison ,sans doute, de sa nature frondeuse et de son tempérament coléreux!
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