Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets
Recroquevillée de terreur,car l'aile de la chouette lui avait frôlé les cheveux, Aurélia se blottit contre Robert qui la serra dans ses bras en remerciant l'oiseau de lui avoir fait ce cadeau! -"N'ayez pas peur, elle est sans doute ici, dans son domaine et c'est nous qui la dérangeons. Mais une chouette vivante est signe de bonheur et elle nous l'offre, alors disons-lui merci!
Troublée, Aurélia était partagée entre le désir de rester blottie dans les bras de Robert et celui de se lever pour s'en aller.Elle se pencha pour poser un baiser sur le front de l'homme qui la faisait frissonner et elle s'écarta de lui avec regret. -"Tous les mardis, je reviendrai ici, comme aujourd'hui et je vous y attendrai. Vous ferez ce que vous désirerez, mais j'espère beaucoup vous revoir et apprendre à mieux vous connaître.
Sans répondre, comme si elle avait le diable à ses trousses, Aurélia franchit le seuil, empoigna sa bicyclette et commença à dévaler le sentier en dérapant dans le sable. En relevant la tête, dans un virage, elle vit loin au dessus d'elle, Robert qui la regardait en agitant le bras. Arrivée en bas, elle s'arrêta un peu, pour reprendre son souffle, avant de s'engager sur la route goudronnée qui la conduisait chez elle. En pédalant, elle sentit que sous la pression de la selle, sa culotte était devenu un tortillon au creux de son sexe en béance!!
Une fois arrivée, assise sur le banc longeant la lourde table de bois massif, un bol de café à la main, elle se sentait à la fois radieuse et pesante. Elle sentait son intimité inondée d'un désir qui appelait Robert de toutes ses fibres et son coeur battait la chamade comme au terme d'une longue étreinte alors que ses yeux se remplissaient de larmes! La nuit suivante, Maurice manifesta le désir d'élans conjugaux avec une intensité virile qu'elle croyait enfuie et elle les partagea avec une fougue qui contenait tout le désir qu'elle avait de Robert! Etait-ce exutoire ou remord, elle était incapable de le dire!
Lorsque Maurice se fut retourné pour dormir, fatigué par sa prestation virile, Aurélia se retrouva seule avec ses pensées. Les évènements de la journée tournaient et retournaient dans sa tête au rythme du balancier de cuivre de la grand horloge montant la garde de la grande salle. Des relents de la délicieuse soupe à l'ail qu'elle avait cuisinée pour le diner flottait dans l'atmosphère.
Ella se revoyait à la chaumine, la tête appuyée contre la poitrine de Robert et se souvenait, avec émotion de son odeur virile, et du contact dur qu'elle avait très nettement senti contre sa cuisse! Les sentiments qu'elle portait au gendarme étaient purement instinctifs et nullement inspirés de quelque lecture romantique, comme celles qu'on pouvait faire dans son almanach. Ils étaient nés d'un élan sentimental purement naturel, mêlés à un désir physique dont elle avait senti toute la force contenue dans la chaumine. Elle n'était pas certaine que l'intrusion de la chouette était un signe de bonheur, comme il le lui avait dit, mais elle voulait y croire, malgré tout, pour se rassurer.
Quelques instants plus tôt, les élans partagés avec Maurice lui avait apporté un grand plaisir dont le tissu de sa chemise de nuit et le haut de ses cuisses pouvaient témoigner,Mais au fond d'elle-même était né un doute. Cet élan de ferveur n'était-il pas un transfert qui l'avait mise plutôt dans les bras de Robert que dans ceux de son mari? En toute sincérité, elle était prête à le croire. Pourtant, dans les élans d'alcôve, Maurice savait y faire et possédait tous les moyens nécéssires pour assouvir les désirs de la femme la plus éxjgeante.
En s'interrogeant, elle savait avoir envie de retourner à la chaumine et sentait son corps s'émouvoir à cette idée, ce qu'il était entrain de faire abondamment. Mais le fait de tromper Maurice lui mettait un goût de cendres dans la bouche et la faisait se retourner entre les draps humides de transpiration et de désir. Ce fut seulement lorsque l'aube blanchit au travers des lourds volets de bois peinte en bleu, qu'elle trouva le sommeil.et encore ce sommeil fut-il agité de soubresauts qui réveillèrent Maurice qui se leva en bougonnant, car c'était l'heure de commencer sa journée. Aurélia se leva, elle aussi. Elle devait préparer le petit déjeuner de son mari et des ses enfants qu'elle n'avait pourtant pas à conduire à l'école, située à quelques dizaines de mètres de chez elle.