
Le retour dans son escadron lui avait donné l'occasion de vivre l'un des moments les plus pénibles de son passage en Algérie. A peine son paquetage déposé sur son lit, il avait voulu utiliser la salle de bains commune aux cadres de l'escadron et, en ouvrant la porte il était tombé sur un spectacle qui l'avait cloué sur place: Assis sur un tabouret, tout contre la baignoire, se tenait un Algérien, obèse et nu, chauve et barbu. Sur son sexe et sur ses testicules étaient fixés des fils de cuivre reliés à un générateur d'électricité, communément appelé "Gégène". La séance venait apparemment de se terminer. L'Algérien, à demi goggy, était visiblement resté silencieux. Deux sous officiers n'appartenant pas à son escadron avait alors soulevé le corps massif pour le plonger dans la baignoire.
Au moment où l'un des tortionnaires s'apprêtaient à plonger le visage de l'homme sous l'eau, horriffié il avait crié:
-"Arrêtez! " Interloqués les deux hommes avaient arrêté leur geste.
-"Qui vous a ordonné de faire çà?" -"Le capitaine de X!"-" Vous cessez cet interrogatoire jusqu'à ce que le Capitaine soit là, c'est un ordre !"
Les deux sous-officiers, visiblement soulagés, sortirent l'homme de la baignoire. C'est alors qu'il put constater qu'il était atteint d'une gigantesque orchite et que l'un de ses testicules avait la taille d'une grosse orange. Gonflé et mauve, soulevant le sexe ligoté par le fil de cuivre.
Pour la première fois il voyait de ses yeux, ce que divers journaux de Métropole dénonçaient depuis un certain temps. Et il n'arrivait pas à y croire ! En entrant dans la pièce, le capitaine eut l'air contrarié de le trouver là. Sèchement il ordonna qu'on rhabille le prisonnier et qu'on le remette dans le cabanon qui lui servait de prison. En sortant de la pièce il tenta d'expliquer:
-"Je suis venu ici parce qu'il n'y a plus de place dans mon local habituel. Ce chibani est l'un de ceux qui sont censés monter la garde de nuit dans des cabanes situées tous les cents mètres le long de la voie ferrée Alger-Oran qui passe ici et prévenir en tirant une fusée s'il y a tentative d'exaction sir le voie.Il ya atrois jours les rebelles ont posé une mine à vingt mètres de sa cabane de guet et égorgé son compagnon de veille.et il n'a pas prévenu comme il devait le faire.
Alors je tente de lui faire dire qui sont les poseurs, car ce sont des gars de la région et qu'ils se connaissent tous. Ce sont, sans doute , les mêmes que ceux qui avaient mis le feu à la meule de paille de votre ferme, il ya a quelques jours.
De celà il se souvenait, car en rentrant de patrouille de nuit, arrivé à proximité de la ferme ils étaient tombés, nez à nez avac un groupe de trois hommes fuyant à toutes jambes alors qu'on voyait la meule brûler de loin. Ses hommes avaientt tiré et l'un dee fuyards aveit éte tué. Les deux autres ayant pu s'échapper dans la nuit. On avait ramené le corps dans la cour de la ferme et on l'avait dépouillé de son treillis militaire qui, avec son arme, était bien la confirmation qu'il appartenenait à un groupe rebelle!
Le capitaine avait repris; Vous avez que je suis l'officier de renseignement du Régiment. C'est un sale boulot, mais étant cathokique pratiquant, père de cinq enfants, je me suis porté volontaire pour ce poste en me disant que j'aurais le contrôle des interrogatoires et du traitement des prisonniers et que je pourrais faire le travail de la manière la moins brutale possible.Surtout en sachant qui d'autre que moi s'était porté volontaire pour occuper la fonction!