Une alternance de réflexions personnelles sur le monde,sur la sexualité vécue et de romans écrits par moi sur différents sujets
Lorsque Colombe, ce matin là, descend au jardin, alors que le soleil n'a pas encore franchi l'horizon, elle est nue et marche dans l'herbe trempée de rosée, en direction du petit lac, où elle se baigne, chaque matin, pour apaiser les fureurs de sa nuit et faire disparaître les traces brillantes, comme celles d'un escargot et encore odorantes des liqueurs répandues et mêlées sur elle tout au long de la nuit !
Elle se souvient des doigts agiles qui ont voyagé, partout sur son corps et des lèvres avides qui ont bu, longuement, à la source de son désir jaillissant de sa vallée béante et écartelée !
Au bord du lac, une plage de sable mouillé, où elle aime faire gluer ses orteils tant de fois humés, caressés et sucés dans leur moiteur au cours de la nuit. Elle entre, lentement dans l'eau, qui lui monte jusqu'aux chevilles, puis aux mollets et aux cuisses, avant d'atteindre la fourche, encore enfiévrée et luisante, juste sous la forêt, déjà touffue de sa toison, elle aussi engluée des traces de son plaisir nocturne.
Ensuite, elle s'allonge sur l'eau, pour nager vers le large et y retrouver son amie Sophie, la carpe amoureuse, aux écailles d'argent, qui va bondir autour d'elle, formant, ainsi, des éclairs fulgurants dans le soleil levant. elle va tourner autour de Colombe, la frôler de sa large queue, et glisser ses grosses lèvres bulbeusses entre les cuisses musclées de son aimée, pour aller émouvoir ses nymphes brunes, qui savent s'écarter comme des ailes de papillon lorsqu'elle est en émoi et butiner, tendrement sa tigelle, jaillie de son abri pour appeler encore davantage de caresses. Elles s'envoleront ensemble jusqu'au septième ciel, dans leurs gluances mêlées. Alors Colombe sera heureuse, en commençant sa journée de dur labeur dans des abysses de flammes et de feu !
Sophie raffole du corail luisant qui tapisse le fond de la vallée de Colombe, et les lèvres de son cratère, pour y déposer, amoureusement, sa laitance de mâle éperdu au royaume des ombres et qui aurait tant voulu pouvoir l'entrainer dans ce monde émeraude qui est le sien, pour s'y mêler, avec elle, dans un tourbillon de bonheur et pouvoir la caresser sans fin, jour et nuit jusqu'au bout de l'éternité !
Mais jamais Colombe, malgré la tendresse qu'elle éprouvait pour Sophie, qu'elle avait baptisée ainsi avant de s'apercevoir qu'elle était un mâle, ne se serait laissée entrainer jusqu'au fond du lac. et puis la laitance d'une carpe mâle était sans effets sur les organes sexuels et reproducteurs d'une jeune fille de seize ans. Fort belle, certes, mais habituée à d'autres élans plus explorateurs et ondulants jusqu'aux tréfonds d'elle-même, pour la faire tressaillir de mille manières, fortes et douces à la fois !
Elle vivait dans une étrange maison délabrée juste au dessus du lac entourée d'animaux recueillis blessés ou malades et qu'elle avait guéris. il y avait, entre autres, Danaé, un grand cygne blanc aux ailes puissantes qui se servait de son bec pour lui manifester sa tendresse à petits coups,sous les aisselles et dans le cou avant d'aller butiner du côté de son bourgeon qu'il savait fort bien faire jaillir de son abri avant de s'allonger sur elle en lui offrant la chaude douceur de son plumage.Et une fois que le bourgeon était devenu tigelle humide et palpitante, il la faisait glisser au coeur de son cloaque béant et ruisselant de désir, lui aussi; Mais il était fort jaloux et pouvait même se montrer aggressif face à d'éventuels rivaux !