Même avec une confortable avance, Cyril avait été rapidement rattrapé par la meute et on l'avait ramené ligoté, tête basse et le coeur lourd. En le voyant, ainsi, dans la cour pavée du chäteau, Florian n'avait pu dissimuler sa peine et s'était enfui dans sa grange pour pleurer sa honte et son chagrin.
On jeta Cyril dans le cachot qui avait été celui de Mauriane, et aux premières heures de l'aube, il fut conduit en salle de tortures. Sylvain était là en maître de la séance: -"Ainsi tu as voulu me fuir pour rejoindre cette chienne de Mauriane, et bien c'est toi qu'on va traiter comme un chien!"
Il se trouvait dans une salle voûtée. Au fond, une grande cheminée où brûlait un feu d'enfer. Il ne manquait que la silhouette de Belzéburh ! Des chaînes terminées par des bracelets en acier pendaient du plafond. Juste en dessous, des socques en bois à lanières étaient fixées au sol. On l'enchaîna, nu, pieds bloqués, bras tirés vers la voûte par des poulies.
Cyril tremblait de peur. Le premier coup de chat à neuf queues le cingla en s'enroulant autour de son torse, avec les boules de plomb à l'extrêmité des lanières, lui lacérant le dos. Il se mordit les lèvres pour ne pas hurler. Sur ordre de Sylvain, Florian avait été placé au premier reng de l'assistance et se tordait les dogts en voyant où sa jalousie avait conduit celui qu'il aimait . Au troisième coup, Cyril perdit à moitié connaissance. le bourreau le ranima en lui grillant les tétons avec la pointe rougie au feu d'un tisonnier. La torture continua avec des coups de verge sur son sexe qui, curieusement entra en érection, troublant Florian encore davantage!
Mais le pire de tout fut: "la croix des vaches": Un double coup de rasoir ent travers du visage, la plaie étant saupoudrée de sucre pour faire bourgeonner la cicatrice! Cyril serait défiguré à jamais! Le sang gicla et Cyril s'évanouit, alors que Florian, lui aussi, s'effondrait inanimé sur le sol de terre battue. On ramena le supplicié dans son cachot. Revenu à lui, Florian eut l'autorisation de s'y rendre pour tenter d'apaiser, un peu, les souffrances de son ami, pendant que Sylvain, attablé devant un rôti de chevreuil, s'envivrait comme un soudard pour oublier l'horreur de ce qu'il avait ordonné.
Loin de là, Mauriane, toujours hantée par le souvenir de Cyril, mais ignorant tout du drame, s'habituait à vivre en trio, car Romain et Rachel, au coeur de leur idylle, partageaient, pourtant avec elle, le carrousel de leurs caresses tendre ou passionnées. Et les chevauchées de Rachel, écartelée au dessus de son visage en y frottant sa tigelle, la grisait de son odeur en buvant sa liqueur de femme. Sans perdre, cependant, l'espoir de voir, un matin au soleil sur la plage, surgir le silhouette de Cyril.
Rachel, la sauvage, l'indomptable, qui avait vu mourir l'homme qu'elle aimait, jeté au bas d'une falaise par les barbares, avait cru devenir folle. enfuie jusqu'au coeur de la forêt pour éviter d'être violée et tuée, elle y avait vécu seule avec Tiburce jusqu'à sa rencontre avec Romain et Mauriane.