Pendant la partie de pêche, Rachel n'avait pu s'empêcher d'entreprendre laconquête de Romain,tout disposé à se laisser convaincre, avec des regards et des frôlements précis qui ne pouvaient pas échapper à la vigilance de Mauriane, qui, non sans hypocrisie, jouait les aveugles, à cause du trouble que les doigts et les lèvres de Rachel avaient su faire naître en elle!
Le début de la nuit suivante fut difficile, car chacun épiait les deux autres, tout en se sachant épié. En même temps, ils étaient envahis, tous les trois, par une chaleur qui irradiait leurs corps jusque dans leurs reins et faisait pétiller les bulles du désir dans leurs veines et leurs sexes!
C'est ainsi que, pour la première fois, Mauriane osa tenter, sur le corps de Romain, des gestes explorateurs faits pour le plonger, davantage encore, dans le brasier du dédir montant. De sa place, sur le lit de fougères, Rachel devinait les gestes de Mauriane, pendant que Tiburce lui léchait le visage et les mains avec passion, d'autant qu'elle sortaient toutes luisantes du fond de sa vallée inondée!
Romain, lui, n'y tenant plus, pour ne pas jaillir entre les doigts de Mauriane sous les yeux de Rachel, dut se lever et sortir de la cabane pour aller calmer son désir dans la fraîcheur de la nuit. Mauriane le voyant réagir ainsi, enfouit sa tête dans son bras pour étouffer son dépit!
Rachel en profita, alors pour se glisser contre elle pour la consoler en lui caresssnt le visage d'une main rugueuse, toute imprègnée d'une odeur de bois brûlé, mêlée à celle de son désir à l'instant recueilli! Dépitée et triste de l'attitude de Romain qui n'avait pas osé laisser jaillir à l'air libre et entre ses doigts, le fruit de ses tendres caresses,Mauriane laissa faire Rachel, jusqu'au moment où elle sentit ses lèvres se poser sur son vosage pour boire ses larmes tout en cherchant sa bouche. Pour la deuxième fois, Mauriane se déroba, sentant que tous ses sens exacerbés allaient la trahir et qu'elle allait tendre ses lèvres pour dévorer celles de Rachel, petit paradis de sensualité, malgré les gerçures dues eu vent et au sel ! Alorsq u'elle sentait monter, entre elles, les effluves enivrants de leurs vallées inondées et en totale béance!
C'est à ce moment que Romain, une fois ses sens apaisés, revint dans la cabane et chercha à se blottir contre Maurianne! Alors que Rachel, comme une anguille, avait tout juste eu le temps de quitter sa compagne de quelques instants et de regagner sa place sur la litière. La chaleur des corps en émoi; mêlée à celle des chiens, faisait règner, dans la cahutte des relents de senteurs fauves. Et aussi ceux des corps adolescents enfiévrés de désir, mais qui n'osaient pas le manifester concrètement. Mettant à la torrture l'odorat des chiens, ce qui les obligeaient à se renifler et à se lécher à gransd bruits!
Mauriane avait expliqué à Romain, l'intention de Rachel de l'emmener à une réunion de femmes qui savaient soigner et guérir les malades avec des plantes et autres produits utilisés en décoctions, caraplasmes ou autres procédés!