L'un des chiots de la portée engendrée par Lucifer et Coeur semblait un clône tellement il ressemblait à sa mère. A la mort de ses parents, il se retrouva adulte et solitaire, errant, hurlant la nuit aux rayons de la lune,, et faisant trembler les paysans sous leur couette! Et c'était lui qui, un soir, avait posé sa truffe froide contre le cou de Manon, puis lêché son visage et ses aisselles. Elle le nomma Lucifer en se doutant qu'il en était le fils!
Pendant route son adolescence, Manon avait vécu dans la terreur des hommes, qu'elle voyait agir avec tant d'égoïsme et de sauvagerie, jusqu'au jour où ils avaient détruit son amour avec Tristan en le tuant et en le dépeçant pour lui manger le coeur et le foie! Horrifiée elle avait fui, et n'avait plus jamais eu de contacts avec ces monstres, sauf pendant sa tranche de vie partagée avec Romuald et Germain, qui, eux aussi étaient des parias rejetés par leur communauté!
Sa réputation de fantôme et de sorcière se gorgeant de sang était injustifiée. Elle n'avait jamais fait autre chose que fuir les hommes, leurs mains agrippeuses,leurs virilités gonflées d'élans pour son corps tellement désirable! Se fondre dans la nature pour leur échapper avait été jeu d'enfant, pour elle qui pouvait se dissoudre comme la brume au milieudes roseaux.Cent fois elle les avait vus ramper dans la boue des marais et fendre l'eau des étangs pour se rapprocher d'elle après de longiues heures de traque.
Tous ses sens en éveil déjouaient aisément ces approches d'humains tendus de désir, comme ses étalons amis! Mais elle montait jusqu'au sommet de la haine, chaque fois qu'elle pensait aux hommes tueurs de Tristan! Jamais, jusqu'alors elle ne les avait agressés, préférant les atteindre dans leurs plus intimes pulsions en les frustrant!
Certains soirs de pleine lune, pour se venger, elle se rendiat au centre d'une vaste clairière, au milieu des roseaux. Là, totalement nue, elle se promenait en faisant onduler son bassin et sa poitrine, empaumant ses seins aux bouts dressés, effleurant la toison crépue de son ventre avant de d'y perdre ses doigts!
Elle se faisait frémir et sentait monter son désir vers les sommets de l'intensité. Puis jambes écartées, face à la lune,pour être plus visible encore, elle offrait son plaisir à la nuit.... Trempée par le jaillissemnts d'un désir dont elle jouait, elle tombait à genoux dans la boue, ses jambes ne la portant plus! Mais tout celà était fait, volontairement, pour rendre fous ses pires ennemis!
La clairière était vaste, les hommes tapis dans les roseaux ne pouvaient approcher sans se dévoiler. Si l'un d'entre eux l'avait fait, les autres se seraient jetés sur lui, par jalousie!Et puis Lucifer était là pour la protéger! Alors c'était sous leurs gros doigts rugueux qu'explosait la violence de leur désir, souvent en solitaires, mais parfois aussi réunis pour des caresses réciproques!
Manon, lentement relevée quittait la clairière et, traversant les roseaux, se dirigeait vers l'eau de l'étang qui, lentement, enveloppait son corps, le rafraîchisant au fur et à mesure dela montée le long de ses cuisses, avant d'atteindre les seins dressés vers les rayons de la lune!