Emue, elle avait attendue d'être seule dans les toilettes pour déplier le petit papier qui disait:-"La période où nous étions seules toutes les deux ici, a été,je m'en rends compte maintenant, la plus heureuse de ma vie, alors que je me croyais encore amoureuse de Myriam. Mon seul rêve est de pouvoir revivre cette intensité partagée avec toi! Mais je ne voudrais pas blesser Myriam, ni la faire souffrir et j'imagine que tu dois avoir le même problème avec Juliette! Alors comment faire? Tendresse et bisous. M"
Blandine avait lu ce billet avec le coeur en chamade et, un fois lu, l'avait porté à ses lèvres, troublée encore davantage, parce que le papier moite, était imprègné de l'odeur intime de Mounia qu'elle connaissait bien et qui était un cocktail de celui de son plaisir et de celle de la terre d'Afrique! Emue jusqu'au tréfonds de son intimité, elle y plongea les doigts pour se faire jouir, à son tour, et mélanger ses arômes, sur le papier, avec ceux de Mounia!
C'est en rentrant dans sa chambre, où Juliette, en larmes, était entrain de s'habiller qu'elle apprit que son amie venait de recevoir un courrier de l'ambassade de son pays, la convoquant pour un entretien avec l'ambassadeur. Angoissée, son beau teint d'ébène avait viré au gris et elle tremblait de tous ses membres, en hoquetant des sanglots irrépressibles. Blandine fit tout ce qu'elle pouvait pour la calmer avec des baisers, des caresses et des mots de réconfort, sans vraiment y parvenir!
En fait ce fut un attaché d'ambassade qui la reçut très aimablement. Il était aussi séduisant qu'il était noir! En consultant son dossier, elle vit son visage se fermer et il la regarda durement en disant::-"Je ne comprends pas comment une fille aussi belle que vous peut se laisser aller à des rapports sexuels et sentimentaux avec d'autres femmes! Alors qu'il doit y avair des centaines d'hommes, dont je fais partie depuis quelques instants, qui seraient prêts à vous faire la cour et même, pour certains, à vous demander en mariage au moindre signe d'intérêt que vous auriez vers eux! Vous savez bien que dans notre Pays, le Cameroun, les lesbiennes sont très mal vues, et qu'en vous obstinant sur cette voie, vous vous exposez à voir tout le monde vous tourner le dos, et surtout, à ne jamais trouver un mari et à n'avoir jamais d'enfants, ce qui serait dommage, belle comme vous l'êtes!
Ici, à l'ambassade,nous savons que sur ordre de vos parents, vos frères vous avaient enlevée pour que vous soyez éxilée chez un vieux cousin, en pleine brousse , et que vous avez réussi à vous échapper pour revenir jusqu'ici! Ou vous êtes très têtue, ou vous êtes très amoureuse, mais d'une manière comme une autre, votre famille, sans accepter de vous revoir tant que vous ne voudrez pas vous marier, nous demande de faire le nécéssaire pour que vous quittiez vos amies lesbiennes, ou alors que vous alliez en prison à Yaoundé jusqu'à ce que vous acceptiez un mari! Voilà le message que j'avaie à vous transmettre, en ajoutant que je m'appelle Omar et que je serais, moi-même, très heureux de vous avoir pour deuxième épouse et de vous faire des enfants!